Des automobilistes confiants : Les amendes changeront les comportements

Le retrait du permis de conduire a montré ses limites, car il n’a pas réduit sensiblement le nombre d’accidents de la route. Selon les automobilistes, elle  se serait même répercutée de manière négative sur la vie personnelle et  professionnelle de beaucoup de  conducteurs.

Obligés de s’acquitter d’une amende, les conducteurs seront plus soucieux du respect des règles de la circulation routière. Ceux que nous avons approchés estiment que les autorités ont frappé fort, «là où ça fait mal». Si le retrait du permis de conduire a montré ses limites, le payement d’une amende saura persuader «plus d’un quant au non-respect des lois». «C’est une incitation très civilisée au respect du code de la route. Nous nous conformons enfin à ce qui se fait partout dans le monde. Quand on touche au portefeuille, les gens font beaucoup plus attention», fait remarquer Nadia qui venait de stationner son véhicule dans un parking à Kouba (Alger). Selon elle, les infractions au code de la route sont de plus en plus fréquentes.
«Stop grillés, priorité non respectée et excès de vitesse. J’ai peur de prendre le volant après 18 heures. C’est le chaos», indique-t-elle. Notre interlocutrice dit s’attendre avec l’entrée en vigueur du permis à points à de meilleurs comportements. «En attendant, il s’agit de là d’un premier pas vers une réforme sérieuse.» A en croire un autre automobiliste, «les conducteurs avaient fini par ne plus avoir peur du retrait du permis». «Il avait cessé d’être une mesure dissuasive. Beaucoup pensaient pouvoir récupérer le document sans s’acquitter d’une amende», confie-t-il. «Désormais les choses vont changer et cette mesure obligera beaucoup à se conformer au code de la route», ajoute Mohamed. Ce dernier ne manque pas de rappeler ses effets néfastes :«J’en ai moi-même fait les frais après un retrait de permis de trois mois. C’était le calvaire pour me déplacer de Tipasa, où je réside, à Alger, où je travaille», raconte-t-il.
Un chauffeur de taxi, croisé au quartier Belouizdad, rappelle que les amendes vont de 2.000 à 5.000 DA en fonction de l’infraction. «Si on me retirait mon permis, et cela s’est déjà produit, cela me coûtera très cher», dit-il. «Les autorités ont bien calculé leur coup. Avec la baisse du pouvoir d’achat, les Algériens seront plus regardants à la dépense et éviteront d’écoper d’une amende», ajoute-t-il.
Walid Souahi