Des effets nocifs sur la santé : Cancers et autres maladies

Chaque année, huit millions de personnes décèdent dans le monde à cause de la consommation de tabac. Il y a même un risque de voir le nombre de cas et de maladies liés directement ou indirectement au tabac grimper.

Selon le Pr Asma Kerboua, chef d’unité au service oncologie médicale du Centre Pierre et Marie-Curie (CPMC) d’Alger, avant les années 1960,les scientifiques ont déjà établi une relation entre cancer et consommation de tabac. «Le risque de développer un cancer des poumons est multiplié par 15 chez les fumeurs», explique-t-elle. «Cigarette traditionnelle et électronique, chicha et tabac à chiquer augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, du cancer et d’infections bucco-dentaires», ajoute-t- elle.
Le tabagisme augmente aussi le risque de pathologies comme l’asthme ou le diabète. A l’origine d’au moins 10 cancers, il accroît notamment le risque d’apparition du cancer du larynx, de l’œsophage, de l’intestin, du foie et du col de l’utérus. Des études ont montré que le tabac augmente le risque de cancer de l’estomac et du foie. Quant au cancer du pancréas, sa relation avec le tabac est mal connue, mais des recherches ont prouvé que les fumeurs sont deux fois plus atteints.
Notre interlocutrice assure que «pour le cancer du rein et de la vessie, le tabac est le principal facteur de risque». «Il est également à l’origine de la leucémie myéloïde aiguë, car les substances cancérigènes de la fumée du tabac aboutissent dans le système sanguin et provoquent des dommages», poursuit-elle. A l’en croire, la situation est toujours critique dans notre pays, puisque le cancer touche des enfants de10 à20 ans. «La maladie la plus grave est l’ignorance et l’inconscience sur les dangers du tabagisme actif ou passif», déplore la praticienne. Cancers et maladies liées au tabac sont évitables.
Durant les années 1980, alors que le nombre de fumeurs était de 7,7%, le taux a augmenté pour atteindre 20% en 2018, année du dernier recensement. «50% sont âgés de moins de 27 ans et la première cigarette est prise à partir de l’âge de 6 à 7 ans», précise-t-elle. «Au niveau de notre service et ailleurs, nous avons remarqué la présence de plus en plus de jeunes atteints de cancer sans qu’ils aient d’antécédents familiaux comme le cancer du côlon», alerte-t-elle, avant d’évoquer le risque, pour les dix prochaines années, de voir les cas augmenter.
Cigarette électronique: attention au pneumothorax
Quant à la cigarette électronique qui contient des substances cancérigènes, elle constitue aussi un facteur de risque de cancer des poumons. «Quelle que soit la nature du tabac, le risque d’un cancer des poumons est toujours important», assène-t-elle.
Le Pr Kerboua fait savoir que la cigarette contient 3.000 à 7.000 produits chimiques, dont 69 cancérogènes (goudron, nicotine, monoxyde de carbone, additifs, acétone et l’acide cyanhydrique, un irritant qui agresse les parois des bronches, du nez et des yeux).La cigarette électronique contient 200 à 300 produits, dont 60 cancérigènes. «Chez ceux qui fument la cigarette électronique, surtout les jeunes, le risque de faire un pneumothorax (ndlr, présence d’air entre les deux couches de la plèvre) est très élevé», relève-t-elle.
«En général, les personnes atteintes de cancer et autres pathologies consultent à un stade très avancé», regrette le médecin qui estime que les avantages de l’arrêt du tabac sont nombreux. Outre le risque de cancer, le système immunitaire et les capacités respiratoires s’améliorent. «Quel que soit l’âge où l’on décide d’arrêter, on gagne au moins trois ans de vie», conclut-elle.
Samira Belabed