Destination Algérie : Un label et des enjeux

Ces dernières années, un grand intérêt est accordé au tourisme, vu de plus en plus comme une source de diversification de l’économie nationale et de redécouverte du pays.
Les pouvoirs publics ont facilité l’acte d’investir, levé les blocages qui empêchaient son développement. L’Algérie a déjà enregistré, nous dit notre collaboratrice, la réalisation de nombreux établissements hôteliers de divers standings. Nos journalistes évoquent aussi les pistes qui peuvent améliorer les prestations. Des experts, que nous avons interrogés, nous disent ce qu’il faut faire pour donner un contenu concret aux réformes dans un secteur qui peut générer beaucoup d’emplois. En somme, alors que la saison estivale démarre, nous présentons une situation d’une activité qui, malgré quelques contraintes, ne manque pas d’ambitions.

Dans l’attente d’un décollage

Dans les années 1960 et 1970, voire 1980, l’Algérie était une destination prisée par les touristes étrangers. Depuis lors,
le secteur n’attire pas beaucoup, l’Algérie n’ayant accueilli que 591.000 touristes en 2020.

Outre le manque d’infrastructures, la cherté, des prestations en deçà des attentes et les difficultés pour l’obtention du visa pour les touristes étrangers sont souvent mises en avant pour expliquer cette situation d’un secteur mal en point. Des experts regrettent que le tourisme ne fasse pas partie des priorités du pays. Pour ces derniers, il faudrait réactiver le Schéma directeur d’aménagement touristique élaboré en 2007 et consacré lors des Assises nationales et internationales de février 2008. Pour eux, ce sont les tourismes saharien, culturel et de montagne qui peuvent booster la destination Algérie, car le balnéaire n’arrive pas à satisfaire la demande nationale puisqu’une grande partie opte pour des séjours à l’étranger. Là, encore, il faudrait définir les raisons qui poussent les Algériens à bouder leur pays. Grâce à ses nombreux atouts naturels et humains, notre pays a toutes les chances de voir l’activité touristique relancée. Les pouvoirs publics ont déjà pris une panoplie de mesures pour ce faire. Celles-ci s’articulent autour des facilitations dans l’accès au foncier, l’encouragement de l’investissement et le financement des projets touristiques, la réduction de la durée de traitement des dossiers, la généralisation de la numérisation et le parachèvement d’un nouvel arsenal juridique.
Le ministère du Tourisme a mis en place une feuille de route sectorielle (2022-2024), issue des orientations du président de la République et du plan d’action du Gouvernement visant à définir les objectifs et fixer les délais de mise
en œuvre pour le développement du secteur.
La feuille de route vise la réalisation de cinq opérations consistant en le réaménagement et la garantie du foncier touristique, la promotion du tourisme domestique, le développement du tourisme thermal, la mise en œuvre du plan «Destination Algérie» et la relance du plan de la qualité et de l’amélioration de la performance du dispositif de formation. Elle prévoit, également, d’encourager la création de nouveaux pôles touristiques d’«excellence» pour le développement de différents types de tourisme notamment au niveau des régions du Sud, tout en portant le nombre de structures d’hébergement à 90 hôtels par an au minimum.
La stratégie repose sur le parachèvement du programme de modernisation et de réhabilitation du parc hôtelier public. Dans la loi de finances 2022, le secteur du tourisme et de l’artisanat a bénéficié d’un budget de 3,5 milliards de dinars (environ 25 millions de dollars), un peu plus que celui consacré au secteur en 2021 (3,25 milliards de dinars). Les pouvoirs publics visent à travers ces actions à réactiver la destination Algérie, avec pour objectif d’atteindre plus de 3 millions de touristes à l’horizon 2024. A terme, il s’agit d’en faire la locomotive de l’économie nationale.
Amokrane H.