Directeur sportif ou manager de football ? : La confusion des rôles et des genres

Alors que, sous d’autres cieux, leurs mission et rôle sont pourtant bien définis, en Algérie on continue à confondre les genres. On accorde des titres à tort et à travers sans se soucier réellement des missions dévolues. Ainsi, on confond entre manager général et directeur sportif. On insère l’un dans l’autre sans savoir concrètement que doit faire l’un ou l’autre.

Or, il est clairement défini que le directeur sportif dirige l’entièreté des intervenants d’un club : bénévoles, salariés, médecins, kinés, préparateurs physiques, entraîneurs et joueurs. Il doit donc gérer les tâches de ressources humaines, les emplois du temps, mais aussi l’organisation sportive dans le club des différents entraîneurs. Alors que le manager de club sportif s’occupe du contact avec les professionnels qui l’entourent. Partenaires, sponsors, représentants des institutions, équipes. En interne et en externe, il coordonne les relations avec ses différents collaborateurs. Quant au directeur de club de football, il a pour principale mission d’assurer la gestion du personnel, du matériel et d’administrer le club de football tout en mettant en place une politique de gestion avec les autres dirigeants ou directeur technique, sportif, marketing, financier du club sportif. Pour assumer ces fonctions, une formation, sanctionnée d’un diplôme,  est recommandée lorsqu’elle n’est pas  obligatoire dans  de nombreux clubs à l’étranger.
Des missions et rôles qui ne sont pas du tout compris et saisis dans le championnat  de football professionnel en Algérie. On nomme  des  directeurs sportifs et managers juste pour le principe de nommer quelqu’un. Avec comme seul critère «ancien joueur» sans aucune formation dans le domaine. Si bien que l’on assiste à une véritable gabegie. Aussi bien que lorsqu’un directeur sportif quitte, on nomme pour le remplacer un manager général en lieu et place et vice-versa. Ce qui atteste en fait de l’amateurisme des responsables des clubs professionnels. Les missions qui lui sont dévolues, le directeur sportif ou manager ne les exécute pas tant les mêmes présidents ne lui donnent point les prérogatives qui sont les siennes ou bien on lui accorde juste des miettes façon de lui dire qu’il existe et qu’il perçoit un salaire qu’il ne touche pas entièrement lorsqu’il ne le perçoit même pas au même titre que les autres personnels du club. Ainsi, il est grand temps de voir non seulement la Fédération mais aussi le ministère des Sports intervenir pour régenter et réglementer ces deux postes. Faute de quoi, on continuera à faire dans le bricolage qui ne sert nullement la discipline.
Rachid Hammoutène