Disponibilité des médicaments : Tension sur certains produits

La non-disponibilité et la hausse des prix de certains produits pharmaceutiques réduisent l’accès aux soins et les chances de guérison. Les causes de la pénurie de certains médicaments sont multiples dont, entre autres, la forte demande et les perturbations dans l’approvisionnement des officines.

A ce propos, des pharmaciens interrogés sur le sujet ont tenté d’apporter des explications et de rassurer les malades et leurs familles. Au centre-ville de Boumerdès, la Nouvelle Pharmacie accueille un bon nombre de patients à la recherche de traitements, dont certains ne sont pas disponibles. «Nous sommes vraiment embarrassés vis-à-vis de nos clients en les informant que ce médicament est en rupture ou sera fourni dans les prochains jours. D’ailleurs, je garde l’ordonnance et le numéro de téléphone du patient ou d’un membre de sa famille pour les informer que le produit est disponible», fait savoir Souad, employée de cette officine.
Notre interlocutrice rappelle que durant les périodes de recrudescence de Covid-19, comme ce fut le cas en été dernier, certains traitements étaient absents de nos rayons. «Les vitamines C et D, Lovenox, le Zinc, les anticoagulants connaissent toujours une tension malgré la baisse des cas de Covid-19. Les malades recourent à d’autres méthodes pour se procurer un traitement. Ils s’adressent aux associations, lancent des SOS sur les réseaux sociaux. Mais les pharmacies sont dans l’incapacité de répondre à la demande», regrette-t-elle.
Ces derniers temps, une tension est constatée sur l’insuline. «Des articles de presse rapportent le problème qui existe entre l’Algérie et un laboratoire international. Ceux-ci sèment le doute dans l’esprit des diabétiques, qui se ruent vers les pharmacies pour en faire un stock. L’insuline est un traitement quotidien, vital pour le diabétique. Nous comprenons cette attitude mais ce sont les autorités compétentes qui doivent rassurer cette catégorie de patients», soutient un pharmacien, installé à la cité AADL d’El Karouche, à Réghaia. Ce dernier fait remarquer que les restrictions relatives à l’importation ont également leur part de responsabilité dans ces perturbations, voire dans la rupture de certains produits pharmaceutiques. «Une classe de médicaments est strictement utilisée dans les hôpitaux. Toutefois, cette liste commence à s’allonger en n’approvisionnant pas les officines. De fait, des personnes malveillantes qui se cachent derrière des comptes facebook profitent de la détresse des malades pour leur soutirer de l’argent. Je ne sais si ce sont des professionnels de la santé ou ce sont des personnes qui travaillent avec des réseaux parallèles pour acheter ces traitements et les vendre au plus offrant. Tout ça est immoral», dénonce-t-il.
Concernant les prix, il affirme que «ce ne sont pas les pharmaciens qui les déterminent». «Nous ne sommes pas habilités à définir les coûts. Mais la hausse peut s’expliquer comme pour tout autre produit. Le marché international des matières premières a connu des augmentations et des perturbations dans l’approvisionnement», explique le pharmacien.
Pour certains patients, à l’instar des cancéreux, des insuffisants rénaux, des diabétiques… la non-prise de traitement engendre une aggravation de leur état de santé.
Karima Dehiles