Distination- El Hamri des Hamraoua: Des zaouïas à Zabana

QUI DIT EL HAMRI dit le vaillant chahid Ahmed Zabana et le doyen du ballon rond de l’Oranie,
le Mouloudia club d’Oran.

Il est un des vieux quartiers populaires de la radieuse, ayant enfanté des savants, des moudjahidine et des sportifs. Avant de s’étaler sur la description des rues et places publiques d’El Hamri, une petite parenthèse est de mise concernant son appellation. Il la tire, affirment ses anciens habitants, de la couleur rougeâtre de la terre de son sol avant qu’il ne soit revêtu, dans les années 1980, de béton. À l’époque coloniale, El Hamri était divisé en deux quartiers, à savoir Lyautey et Lamur. Un est réservé aux colons et l’autre aux Algériens autochtones. Après l’indépendance, cette discrimination sociale a disparu, donnant naissance à un seul quartier, situé en face de Medioni, quartier de Chaba Zahouania. Dès l’entrée, le parc municipal des sports, portant le nom du chahid Ahmed Zabana, pointe son fronton saillant. Il semble en bon état. «Il a été rénové récemment», affirme Houari, notre guide. Sur le côté droit, il y a une petite placette, où l’on a érigé une stèle à la mémoire des chouhada. Visiblement, l’endroit paraît délaissé à quelques encablures de deux établissements scolaires. Les ordures se conjuguent avec les actes de vandalisme contre les arbustes entourant la stèle. Une situation qui suscite l’indignation des habitants d’El Hamri qui se disent «prêts à prendre l’initiative d’entretenir la place en question et demandent juste une autorisation des autorités locales».
«Outre la générosité et l’hospitalité de ses habitants, El Hamri est connu pour être un quartier révolutionnaire. Plusieurs moudjahidine et chouhada sont issus d’ici, tels qu’Ahmed Zabana et Si Zaghloul», indique Omar, un fils de moudjahid. Aussi, le quartier populaire est réputé par ses zaouïas. «Il y a trois zaouïas où les ouléma ont fait leurs classes», poursuit le sexagénaire. Quant au centenaire club de football oranais, il a été créé en 1916, puis proclamé officiellement en 1946. Les Hamraoua ont été, à maintes reprises, les artisans de victoires et surtout la fierté des Oranais.
En traversant la rue Khelf Allah Bouamrane, (ex-rue Lamur), les habitations, très modestes, constituent le noyau de ce quartier. Cette artère est connue par ses crémeries, lesquelles témoignent d’un métier hérité de père en fils. Il n’est pas question de ne pas goûter à ses glaces préparées à la traditionnelle pour en découvrir la saveur.Très bonnes
finalement !
De même, El Hamri se démarque par son marché «bon marché». «Les prix des fruits et légumes sont à la portée des bourses moyennes, en plus le client peut choisir ce qu’il veut. Nous aimons notre marché et ses commerçants», estime une dame rencontrée sur les lieux. Cependant, les habitants d’El Hamri souffrent des coupures d’eau qui, selon leurs assertions, durent depuis deux jours.
Force est de constater que la précarité des constructions de ce vieux quartier est à l’origine de départs massifs de ses enfants, lesquels ont été relogés au nouveau pôle urbain Belgaid et à Oued Tlélat.
 Aziza Mehdid