Djanet : Des traditions empreintes de spiritualité 

Djanet, fraîchement promue wilaya, se fraye progressivement un chemin vers le développement. Elle recèle un riche patrimoine matériel et immatériel d’un des plus anciens de l’Afrique du Nord. La famille targuie accorde une grande importance au mois de Ramadhan. Sa spiritualité et ses gourmandises.

C’est pour les Touaregs un moment sacré à partager dans une ambiance familiale. Et si un membre de la famille déroge à la règle, c’est en raison seulement de circonstances contraignantes. Ce ne sont pas les mets copieux et les préparations culinaires «extravagantes» qui constituent l’essence du mois sacré. L’essentiel est de préserver le lien familial et de savourer le moment autour de plats exquis malgré leur simplicité. Chez les Touareg,«tikadourine», petites boules préparées à base de dattes et de lait cru, sont incontournables à l’heure de la rupture du jeûne. Selon Aïcha Mechar, artisane et secrétaire générale de l’association Tassili pour l’artisanat, «tikadourine» permettent au jeûneur de résister à la soif et à la faim durant toute la journée. C’est dire le génie   des habitants du Tassili N’Ajjer qui ont su et pu s’adapter à l’aridité de leur environnement. Les familles de la  région préparent ce mets avant le Ramadhan et  s’approvisionnent aussi en épices et en blé concassé, ingrédients essentiels à la chorba. La reine de la table pas seulement des Touareg, mais de tous les Algériens. Sauf que les appellations diffèrent d’une région à une région. «El-h’saw» est l’appellation la plus répandue dans le Grand-Sud. A la table du f’tour, la cuisine moderne s’y invite en ce mois de consommation par excellence. «La femme targuie est ouverte sur ce qui se prépare ailleurs et avec les réseaux sociaux, elle a la possibilité d’essayer de nouveaux plats et d’innover», affirme Aïcha.
Nombreuses sont les familles targuies qui préfèrent la kheima pour se retrouver à l’heure du ftour dans la chaleur et la convivialité  familiales. Une soirée autour d’un thé est le cachet incontestable de la gaâda targuie. Vivre la spiritualité de ce mois de jeûne et grandir dans la communion avec Dieu est aussi important pour la population de Djanet que toutes les autres traditions culinaires. Renouer avec les bonnes pratiques, penser aux autres, purifier son âme. Le Ramadhan à Djanet, c’est tout cela.
A.Mehdid