Djemiai Noui, professeur en sociologie : «Il faut appliquer la réglementation»

Sociologue et professeur d’université à Sétif, Djemiai Noui déplore l’absentéisme grandissant qui frappe institutions, administrations et même l’université. De son avis, pour mettre fin à ce phénomène, il y a nécessité d’user de la rigueur.

Quelle lecture faites-vous de l’absentéisme durant le Ramadhan?
L’absentéisme est un phénomène très répandu dans notre société de manière générale avec une accentuation pendant le Ramadhan.
Mais comment expliquer justement l’accentuation de ce phénomène durant le mois sacré?
On peut l’expliquer de plusieurs manières à commencer par le fait que le jeûne est très fatigant. Les gens veuillent toute la soirée qu’ils passent en famille et résultat des courses, ils se réveillent difficilement. On constate aussi une grande fatigue chez les enfants mais aussi chez les étudiants qui ne se rendent pratiquement plus aux conférences. Aussi même les chefs d’entreprise, les responsables au sein des établissements et des responsables institutionnels n’arrivent pas à l’heure au travail. C’est pour cette raison qu’on constate un absentéisme patent devenu pratiquement culturel où tout est reporté à après Ramadan. Dans une administration pour une doléance ou un dossier, ils vous répondent qu’il faut revenir après le Ramadhan. C’est pour cela qu’on observe moins d’affluence dans les administrations comme les assemblées locales élues où les citoyens savent pertinemment qu’il y a une disponibilité moindre à répondre à leurs préoccupations.
Comment lutter contre ce problème ?
Pour les entreprises qui n’ont pas à craindre un impact économique, elles doivent réserver des congés durant le Ramadhan. Aussi, il faut être rigoureux côté travail comme durant tous les mois de l’année.
C’est-à-dire qu’il faut brandir la sanction?
Oui, il faut appliquer la loi et la réglementation y compris durant le mois de Ramadhan
Quelles sont les conséquences de l’absentéisme sur l’économie ?
D’abord, il y a l’effet boule de neige. Ainsi, sur les lieux du travail, c’est une débandade où personne n’est à son poste. Mais pas seulement, il ya des retards qu’on accuse dans nos relations avec d’autres pays, avec les banques et les administrations. Il est tout autant question de baisse de la productivité et de rendement
Faut-il réaménager les horaires durant le Ramadhan pour lutter contre cette problématique ?
Même avec des horaires aménagés, l’absentéisme est là. A ce propos, les femmes sortent avant l’heure du travail pour préparer le f’tour. Ce n’est pas normal de ne pas faire ses heures entières de travail comme durant toute l’année et il est également inacceptable d’arriver en retard au travail ou de ne pas y aller carrément.
Entretien réalisé par Fatma Zohra Hakem