Don de sang : La générosité dans les veines

Presque rien n’incarne mieux la générosité que d’offrir un peu de son sang. Au-delà du symbole fort, un donateur peut sauver une vie, mettre fin à la détresse des malades qui, souvent, sont contraints de recourir aux proches. Le liquide vital manque depuis des années dans nos structures sanitaires. Nous avons voulu savoir si les Algériens sont toujours prêts à accomplir ce geste. Un de nos journalistes s’est rendu au siège de l’Agence nationale du sang, un autre dans un hôpital pour prendre le pouls de la situation. L’un et l’autre évoquent avec des responsables ce qu’il y a lieu de faire pour avoir plus de plaquettes dans nos hôpitaux et convaincre les citoyens à franchir le pas. La crise sanitaire aurait, semble-t-il, refroidi la volonté de beaucoup de donneurs potentiels. Cela n’empêche pas
des associations de sensibiliser sur l’importance et la portée du don de sang.

Sacerdoce 

Faire don de son sang. Ne voilà-t-il pas un acte de plus généreux pour qu’en moins d’une heure de son existence une personne contribue à sauver, voire allonger de plusieurs années, celle d’une autre. Et, deux fois plus qu’une donc, les Algériens en capacité de le faire, ont le devoir de ne pas y déroger notamment cette année où, quoi que pratiquement dépassée, la crise sanitaire mondiale n’en continue pas moins d’avoir des conséquences évidentes sur le comportement des habituels donneurs.

En effet, en 2020, il a été enregistré une baisse de collecte sur l’ensemble des régions du pays, ce qui, pour le moins, s’est justifié par les risques contre lesquels les pouvoirs publics mettaient en garde la population même si les conditions de prélèvement étaient réunies aux moments les plus forts du pic de contaminations. D’ailleurs, nonobstant lesdits risques et la persistance de la menace virale, l’année qui suivra fera constater une reprise des dons comme si la générosité avait pris le dessus sur une potentielle exposition aux risques.
Néanmoins, la situation demeure préoccupante jusqu’à faire rendre plus que nécessaire le renouvellement des stocks de sécurité, d’où l’alerte lancée en février par l’Agence nationale du sang (ANS). Jusque-là, l’ANS et ses excroissances parvenaient à alimenter les banques de sang en associant des partenaires sociaux du monde du travail desquels étaient mobilisés autant que faire se peut des volontaires sauf, que faudrait-il insister, l’ombre de la crise sanitaire plane malgré tout. Enfin, dans tout cela pourrait-il tout autant s’agir d’une campagne de sensibilisation qui n’arrive pas à démarrer en raison de la confusion générale induite par la durée à long terme des interdictions induites par la crise sanitaire, ce jusqu’à quasiment installer une sorte de désaffection et même de perte de repères chez les potentiels donneurs. Faudrait-il également ajouter le fait qu’avec les grandes chaleurs qui sévissent sur l’ensemble du pays, la succession d’examens scolaires monopolisant les parents et les jeunes candidats, les préoccupations évoquées se seraient ailleurs déplacées. Cela même si le don de sang est quelque part le don de soi.
Et, c’est pour cela qu’il est quelque part regrettable que ce geste, qui est du domaine même de la convivialité sociale, ne soit pas entretenu entre et par les donneurs eux-mêmes dans le cadre d’associations locales, car s’il existe une Fédération algérienne des donneurs de sang, laquelle est venue se rappeler au souvenir des uns et des autres par justement un appel en ce sens et en donnant des assurances sur l’absence de tout danger, il n’en demeure pas moins que l’acte en lui-même relève du sacerdoce et ne doit en aucun cas être épisodique notamment pour les malades et personnes hospitalisées dont le sang est d’une rareté absolue tel le AB-.
Abdelhamid Lemili