Douma : Projet de loi visant à intégrer quatre régions russophones d’Ukraine

La Douma, la chambre basse du Parlement russe, pourrait débattre ce jeudi d’un projet de loi visant à intégrer  les régions ukrainiennes de Lougansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson au territoire russe, selon l’agence de presse Tass.
Des référendums sur le rattachement à la Russie des quatre régions ukrainiennes russophones, lancés par Moscou vendredi  dernier, ont prit fin ce mercredi.
Le Kremlin a affirmé que les  «référendums» d’annexion auraient des «conséquences» profondes pour ces  territoires, notamment sur le plan de leur sécurité. «Dans ces territoires, il y aura des changements cardinaux du point de vue  juridique, du point de vue du droit international et du fait de toutes les conséquences respectives (des mesures prises) pour assurer la sécurité», a indiqué à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a, quant à lui, dénoncé, la semaine dernière, les «simulacres de référendums» organisés par les autorités installées par Moscou dans quatre régions d’Ukraine, y voyant «une nouvelle escalade de la guerre de (Vladimir) Poutine».
En février 2022, le Président russe a justifié l’opération militaire en Ukraine par la nécessité de sauver des populations russophones d’un génocide. Il a, de même, reconnu l’indépendance de Lougansk et Donetsk, deux régions majoritairement russophones constituent le Donbass.
La région de Lougansk compte quelque 2,1 millions d’habitants. Elle est frontalière de trois côtés avec la Russie et, selon Kiev, environ 98% du territoire est sous contrôle de Moscou depuis l’offensive russe.
Des quatre régions votant aux prétendus référendums, c’est celle où le contrôle russe est le plus total. La région voisine de Donetsk compte environ 4,1 millions  d’habitants. Avant l’offensive russe, environ la moitié de la région était sous contrôle des séparatistes qui lèvent leurs armes contre Kiev depuis 2014. Aujourd’hui, environ 67% du territoire est tenu par Moscou et ses alliés, notamment la ville portuaire de Marioupol.
La région de  Zaporijjia, bordée par la mer Noire, compte environ 1,6million d’habitants.  Proportionnellement, des quatre régions votant aux référendums, c’est celle où le contrôle russe est moindre avec 63% de sa superficie occupée par Moscou et son administration. Sa plus grande ville, appelée également Zaporijjia, est tenue par les forces ukrainiennes, mais son plus grand port, Berdiansk, est entre les mains de la Russie.  La gigantesque centrale nucléaire qui s’y trouve a été prise par l’armée russe dès mars, un mois après le lancement de l’opération militaire en Ukraine.
Enfin Kherson qui est très importante pour l’agriculture ukrainienne et  stratégique  pour Moscou. Elle est frontalière de la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014. Quelque 83% de cette région,la plus à l’Ouest de la zone contrôlée par Moscou, et sa capitale éponyme sont passés sous contrôle russe dans les premiers jours de la guerre.
Sa prise, associée à celles des côtes de Zaporijjia et Donetsk, permettent donc à la Russie de constituer une continuité territoriale de toutes les régions qu’elle contrôle en Ukraine, Crimée comprise, et du territoire russe à proprement parler.
L’Ukraine y mène une contre-offensive et a revendiqué quelques succès ces derniers mois. Elle a notamment endommagé des ponts enjambant le Dniepr aux alentours de la ville de Kherson pour rompre les lignes de ravitaillements des forces russes. Les forces ukrainiennes ont également libéré une  grande partie de la région de Kharkiv et grignotent aussi du terrain à Lougansk. Moscou continue parallèlement de mener une mobilisation partielle de ses réservistes afin de recruter près de 300.000 combattants pour son opération militaire.
Samira C.