Drame migratoire de Melilla : Appels à une enquête indépendante

Plusieurs appels ont été lancés samedi pour réclamer une enquête indépendante, au lendemain de la tentative d’entrée de  près de 2.000 migrants subsahariens dans l’enclave espagnole de Melilla qui s’est terminée par une « tragédie » sans précédent au Maroc avec la mort d’une vingtaine d’entre eux.

« Nous appelons à l’ouverture d’une enquête rapide et transparente », a  déclaré aux médias, Mohamed Amine Abidar, le président de la section de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) à Nador, dans le nord du Maroc. Des images diffusées notamment par l’AMDH, principale organisation marocaine de défense des droits humains, montrent un usage disproportionné de la force par la police marocaine. Les migrants arrêtés par cette  dernière, ont été entassés par terre les uns sur les autres. Les images choquantes, ainsi que le nombre élevé de victimes, ont suscité un tollé sur les réseaux sociaux.
    Le président de la section de l’AMDH de Nador s’est refusé à chiffrer le nombre de morts, mais « pense que le bilan va s’alourdir », ajoutant que « la cause principale de cette catastrophe est la politique migratoire menée  par l’Union européenne en coopération avec le Maroc ». Selon l’ONG Caminando Fronteras, spécialiste des migrations entre l’Afrique et l’Espagne, il s’élèverait à 27 morts, le bilan le plus meurtrier jamais enregistré lors des nombreuses tentatives de migrants subsahariens de pénétrer à Melilla et Ceuta..
L’association espagnole a exigé samedi dans un communiqué « l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante du côté marocain comme espagnol, ainsi qu’au niveau international pour faire toute la lumière sur ce drame humain ». Toujours en Espagne, une députée européenne du parti de gauche radicale  Podemos, a également réagi. « Une enquête est nécessaire pour éclaircir les faits et les responsabilités », a tweeté Idoia Villanueava, responsable de Podemos pour les affaires internationales. De son côté, Eduardo de Castro, le président (maire) de Melilla et plus haute autorité politique de cette ville autonome, a dénoncé une « réponse disproportionnée » du Maroc à la tentative de passage des migrants. « Le Maroc se permet certaines choses qui ne seraient pas acceptables » en Espagne, a-t-il dit.
Situées sur la côte nord du Maroc, Melilla et l’autre enclave espagnole de Ceuta sont les seules frontières terrestres de l’Union européenne (UE) sur le continent africain et font régulièrement l’objet de tentatives d’entrée de la part de migrants cherchant à rejoindre l’Europe.