Economie : Encourager les investissements hors hydrocarbures

Sur le plan économique, le redéploiement de l’Algérie sur la scène internationale est une opportunité, d’après l’expert en économie
Mourad Kouache, pour l’émergence de nouveaux partenariats
dans des secteurs autres que le gaz et le pétrole.

Au-delà de leurs dimensions politique et géostratégique, d’après l’expert et professeur en économie à l’université d’Oum
El Bouaghi, Mourad Kouachi, les visites effectuées dernièrement dans plusieurs pays par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, revêtent une grande importance sur le plan économique. La diplomatie économique a pris de l’ampleur ces derniers temps, selon lui, et est devenue un outil et une démarche sûrs et efficaces pour encourager les investissements directs étrangers (IDE).
«La diplomatie économique a conduit à la signature de plusieurs accords de coopération entre l’Algérie et les pays où le chef de l’Etat a effectué des visites. Ces dernières contribuent grandement à promouvoir davantage l’image de l’Algérie comme destination d’investissement de choix, où les avantages et les opportunités sont très nombreux», estime-t-il. À travers la diplomatie économique, soutient-il, l’Algérie cherche à attirer le maximum d’investisseurs étrangers dans des secteurs phares et hors hydrocarbures. «Tous les secteurs hors hydrocarbures ont besoin d’investissements et la diplomatie économique est appelée à s’impliquer dans cette démarche. Tout investissement direct étranger hors hydrocarbures est le bienvenu en Algérie», affirme-t-il, rappelant que notre pays est en quête d’une économie diversifiée et s’emploie à se libérer de la dépendance aux hydrocarbures. Certains secteurs, poursuit-il, nécessitent des IDE en priorité, comme l’agriculture, l’industrie pharmaceutique, l’industrie pétrochimique et les PME-PMI. «Dans l’agriculture surtout où nous avons besoin d’IDE pour soutenir la production des céréales et de lait desquels dépend la sécurité alimentaire. Il est important de conclure des partenariats gagnant-gagnant», dit-il. Par ailleurs, note-t-il, comme la demande sur le gaz algérien par les pays européens, notamment, est en hausse, l’Algérie peut jouer sur la carte de l’énergie pour orienter les investissements vers des secteurs hors hydrocarbures. «L’Algérie est considérée aujourd’hui comme un pays gazier par excellence, particulièrement ciblé après la crise entre l’Ukraine et la Russie. Notre pays est devenu un fournisseur de premier ordre, fiable et stable pour beaucoup de pays européens. Nous devons mettre à profit cette opportunité afin d’insuffler des partenariats avec ces pays dans d’autres domaines, nouer de nouveaux rapports économiques en dehors de l’énergie», dit-il. L’Algérie pourrait tirer profit, par exemple, indique-t-il, de l’expérience italienne dans les PME-PMI et de l’exemple turc dans les domaines du tourisme et de l’industrie textile. «Il s’agit, en somme, d’œuvrer afin que la coopération avec nos partenaires principaux étrangers ne se limite pas au gaz et aux hydrocarbures, mais pour que les partenariats soient les plus élargis possible dans les secteurs qui constituent une importance pour l’économie nationale», conclut-il.
 Farida Belkhiri