Economie verte : D’une pierre deux coups

 De par la définition qu’elle lui a donné le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), «l’économie verte est une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, tout en réduisant de manière significative les risques  environnementaux et les pénuries des ressources».
 L’Algérien s’inscrit pleinement dans cette optique, consacrant un fort intérêt et  beaucoup d’efforts aux questions liées à la protection de l’environnement et au développement durable, à l’innovation technologique, mais aussi à la substitution des énergies fossiles. Ce n’est pas un choix, mais un passage incontournable. D’abord, compte tenu des conventions internationales paraphées sur la protection de l’environnement. Sur un second plan, l’Algérie est dans l’obligation de diversifier ses ressources, vu que l’énergie conventionnelle est en déclin.  Plus d’un s’accordent à dire qu’en développant l’économie verte, ce sont tous les signaux de l’économie nationale qui seront au vert.
Experts comme pouvoirs publics prônent le renouvelable. Se tourner vers les énergies renouvelables est primordial à plusieurs égards. En plus clair, le Pr Mhamed Hammoudi, expert et chef de cabinet au ministère des Energies renouvelables et de la Transition énergétique, a expliqué que, eu égard aux multiples défis, il est impératif de donner un coup d’accélérateur à la transition énergétique, laquelle, a-t-il dit, repose sur deux axes, à savoir le déploiement massif   des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique dans l’ensemble des secteurs socio-économiques. Intervenant lors d’une récente rencontre avec le Club de la presse des énergies renouvelables, Hammoudi a expliqué, lors de la présentation d’un exposé sur «le potentiel national en énergies renouvelables, impact technico-économique», que le premier repose sur un potentiel exceptionnel et varié des sources renouvelables sur l’ensemble du territoire national, totalisant 400.500 TWh/an, équivalent à plus de 42 fois nos réserves de gaz naturel (GN). Le second sur le potentiel de réduction des consommations de  gaz + 7%. A noter que la consommation du GN est estimée à plus de 800 millions de m3/semaine et la demande d’énergie a augmenté de + 5% par an. «Grâce à un déploiement transversal dans différents secteurs, et en appliquant les mesures d’efficacité énergétique, l’Algérie pourrait  préserver des quantités considérables de gaz naturel valorisables à l’export ainsi que des millions de tonnes de CO2».
Autrement dit, les bienfaits de la transition énergétique se résument en deux points :  contribuer à décarboniser la planète et économiser la consommation de gaz naturel. Sur le plan économique, l’impact  ne sera pas des moindres. Si les objectifs tracés sont atteints, l’Algérie pourrait ainsi dégager des quotas supplémentaires à l’exportation, et, par ricochet, générer des recettes plus amples, de quoi renflouer davantage les caisses du Trésor public. Surtout ne pas perdre de vue que l’économie nationale dépend toujoursde la rente des hydrocarbures, en attendant de relever l’autre défi qu’est la diversification de l’économie. Un ambitieux programme de réalisation de
15.000 mW est en cours de lancement avec une réalisation progressive jusqu’à 2030. La première étape serait de mettre en place 1.000 MGW. Selon le ministre en charge du secteur, Ziane Benattou, ce méga projet permettra au pays d’économiser 100 millions de dollars annuellement, en plus de la création de pas moins de 5.000 emplois directs. Il sera question, de surcroît, de produire annuellement l’équivalent de 2.200 GWH d’énergie électrique via les énergies renouvelables. Ceci permettra de préserver plus de 550 millions de m3 de gaz naturel. Outre cela, l’Algérie œuvre également à se lancer dans la production de l’hydrogène.  Ce qui boostera son économie.
L’économie circulaire, un moteur de développement
 L’économie circulaire est un autre axe auquel les pouvoirs publics accordent un fort intérêt à travers des programmes de développement durable en vue de valoriser les déchets qui constituent, faut-il le dire, une richesse à forte valeur ajoutée. La valeur marchande de recyclage des déchets ménagers est estimée à 100 milliards de DA, selon une source de l’Agence nationale des déchets.
A noter que le taux des déchets ménagers générés annuellement tourne autour de pas moins de 13,5 millions et dont peu sont recyclés et remis dans le circuit économique. Le taux de recyclable reste faible, ne dépassant pas les 9,83% par rapport au potentiel existant. Si nous arrivons à recycler, pour ne citer que le plastique dont nous dépendons à 100% de l’importation, la facture baissera, inéluctablement, d’un cran.
Wassila Ould Hamouda