Education physique et sportive à l’école : Epanouissement physique et mental des enfants

L’éducation physique et sportive reste marginalisée à l’école, alors qu’elle constitue un outil fondamental pour l’amélioration de la santé des enfants. Elle permet leur épanouissement sur les plans physique et mental et le développement et le suivi de certains enfants talentueux.

«Les activités sportives sont considérées comme secondaires, d’où le désintérêt des responsables du secteur pour la discipline. Pour preuve, les élèves n’ont que deux heures par semaine d’activités sportives, encadrés par des enseignants qui ne sont pas formés en la matière», indique Madjid Abbas, enseignant d’EPS et pédagogue. Les activités sportives dans les écoles sont  conçues comme un complément aux programmes éducatifs. «Elles visent une pratique physique continuelle par laquelle les élèves canalisent leur énergie. Il s’agit également de développer les capacités physiques des enfants et de s’entraîner  intensivement dans leur discipline de prédilection. Le sport scolaire est pour ainsi dire une passerelle entre l’école et les clubs spécialisés dans telle ou telle discipline»,  ajoute Abbas.
Dans ce sillage, les ministères de l’Education et de la Jeunesse et des Sports ont mis en place une commission mixte interministérielle, chargée de la relance du sport scolaire, notamment dans le premier palier. Cette démarche vise à détecter les jeunes talents à un âge précoce qui constitueront l’élite de demain  et de promouvoir la pratique des activités physiques et sportives. «Des initiatives ont été prises dans ce sens précédemment. Toutefois, aucune suite n’a été donnée. Ce sont des projets mort-nés. Cette fois-ci, le président de la République s’est engagé personnellement en inscrivant le développement du sport scolaire dans le programme du gouvernement. A cet effet, nous avons bon espoir à la Fédération nationale du sport scolaire de voir l’aboutissement de ce projet. Nous sommes présents dans cette commission et avons des propositions»,  affirme, pour sa part, le président de la Fédération nationale du sport scolaire, Abdelhafidh Izem. Evoquant les conventions signées par les deux départements sur l’exploitation des structures sportives par les élèves du primaire, Izem a rappelé qu’«il existe un cadre législatif qui encadre l’exploitation des établissements sportifs relevant du ministère de la Jeunesse et des Sports». «Les textes ont été jetés aux oubliettes. La convention n’a pas été appliquée sur le terrain. Seuls quelques  responsables locaux ont  mis en exécution l’accord entre les deux ministères. Il est regrettable de constater la fermeture de ces structures de proximité pour lesquelles l’Etat a déboursé des sommes faramineuses et qui sont à l’abandon», ajoute-t-il.
Inculquer la culture du sport aux enfants
Dans un autre registre, l’enseignant d’EPS a fait savoir que ses collègues du primaire n’ont pas les qualifications requises pour se charger des cours d’éducation sportive. «Nous avons  proposé une formation au profit des enseignants du primaire pour qu’ils puissent prendre en charge cette matière dans les meilleures conditions. Cette démarche pouvait compenser l’absence d’enseignants  spécialistes. Aucune réponse n’a été réservée à notre demande. Dans un second temps, nous avons suggéré que les étudiants en fin de cycle des instituts de sport effectuent leurs stages pratiques dans les établissements primaires, ce qui aurait été bénéfique pour les étudiants et les élèves. Le ministère de l’Education n’aurait pas dépensé un sou»,  soutient notre interlocuteur.
Le président de la Fédération nationale du sport scolaire a mis l’accent sur l’impératif d’inculquer aux jeunes enfants la culture de la pratique d’une activité sportive au quotidien. Concernant les bienfaits de la pratique du sport scolaire sur la société dans son ensemble, il dira qu’«il est de notoriété que les activités sportives diminuent l’atteinte par plusieurs maladies notamment le diabète, l’obésité». «L’objectif du sport scolaire est d’éduquer les enfants pour en faire des citoyens conscients et habitués à la pratique du sport même en amateur pour se maintenir en forme. Il est question aussi d’offrir une opportunité aux enfants de percer dans une discipline et pourquoi pas en faire des champions», conclut Abdelhafidh Izem.
Karima Dehiles