El Bahia métropole méditerranéenne : Un rêve qui se dessine

Pour les gens qui n’ont pas visité depuis longtemps El Bahia, la métamorphose est spectaculaire. Oran se transforme graduellement et s’approche à pas sûrs de son ambition de devenir une véritable métropole du bassin méditerranéen. Les projets réalisés dans le cadre des préparatifs des JM 2022, que la ville s’apprête à accueillir à partir du 25 juin prochain, ne sont finalement que l’aboutissement d’un long processus de développement engagé depuis plus de deux décades.

Pour s’en rendre compte, il suffit de visiter sa partie Est. Une nouvelle ville est carrément sortie de terre avec ses immeubles haut-standing, ses centres commerciaux, ses équipements publics flambant neuf et ses grandes artères. Samia, une Algérienne établie depuis plus de 30 ans à Londres où elle est fonctionnaire auprès des services sociaux, n’en revient pas. Pour elle, la ville s’est complètement métamorphosée. Elle est devenue plus moderne. Mais son charme est toujours intact. «Oran ressemble de plus en plus aux grandes villes de la rive nord de la Méditerranée», nous confie-elle, en contemplant, du haut du Front de mer, le coucher du soleil qui fait exploser ses couleurs orangers autour du fort de Santa Cruz, avant de s’évanouir dans le bleu azur de la Méditerranée.
Le front de mer, baptisé, depuis l’indépendance, le boulevard de l’Armée de libération nationale (ALN) est un lieu incontournable pour tout visiteur. Un lieu emblématique qui offre l’une des plus belles promenades d’Afrique du Nord. Dominant le port, la promenade offre près de 2km de flânerie embrassant la mer. En le parcourant, le front de mer permet aux visiteurs de découvrir des endroits emblématiques comme le théâtre de verdure, scène mythique qui a vu naître la 1re édition du festival du raï où se sont produits à leur début de carrière des pépites de ce style, devenus aujourd’hui des légendes comme Khaled, Cheb Hasni ou Cheb Mami. Durant les deux dernières décennies, de nouveaux aménagements réalisés du côté du lieu-dit Les Falaises ont permis d’étendre davantage cette promenade. Côté mer, des espaces verts, des aires de jeu et de détente dont le Jardin méditerranéen avec son plan d’eau artificiel, quia été réalisé sur plusieurs kilomètres. En face, une urbanisation résolument moderne, avec des hôtels de luxe, des cliniques et des promotions immobilières de haut standing  avec leurs quatre grandes tours aux vitres teintées, devenus emblématiques connus sous le nom de Mobilart. Une urbanisation qui s’étend jusqu’au quartier d’El Akid Lotfi, reliée à travers des nouveaux boulevards comme le boulevard Millénium ou encore le boulevard Dubaï.
Franchir un nouveau palier
A l’annonce, en 2015, du choix d’Oran comme ville hôte de la 19e édition des Jeux méditerranéens, pour succéder à l’édition de Tarragone en Espagne (2018), l’enthousiasme était de taille. Une nouvelle perspective s’ouvrait à Oran pour poursuivre sa mue.
Il faut dire qu’Oran constituait déjà un des plus importants pôles économiques du pays grâce à ses deux ports (Oran et Arzew), son aéroport international, son tissu industriel effervescent, mais aussi grâce à son potentiel touristique énorme qui ne demandait qu’à s’exprimer. Wahran pouvait ainsi compter sur la richesse de sa culture et son histoire millénaire, son patrimoine architectural fortement imprégné d’influences ottomane, espagnole et française. Une ville méditerranéenne par excellence. Le tourisme dit «de pèlerinage» s’était déjà assez bien illustré avec les visites régulières de groupes de pieds noirs au même titre que le tourisme d’affaires qui avait pris une nouvelle dimension avec la construction du Centre des Conventions d’Oran qui avait abrité, en 2010, les travaux de la 16e Conférence internationale sur le gaz naturel liquéfié (GNL 16).
Toutefois, la marge de progression pour ce secteur du tourisme restait toujours énorme. Car Oran est aussi une destination de choix pour le tourisme balnéaire grâce à ses 120 km de côtes et son climat tempéré. De 2015 à aujourd’hui, plus de 40% des projets lancés dans le cadre de la mise en application du Schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT) ont été concentrés sur les villes d’Oran et d’Alger, soit pas moins de 388 projets pour les deux villes. En moins de dix ans, Oran a ainsi  connu, un véritable bond, à la fois qualitatif et quantitatif en matière d’investissement hôtelier, le nombre de projets hôteliers étant passé de 68, en 2015, à 110, en cours de réalisation en 2021, outre l’inscription d’autres projets dont ceux d’aqua-parcs, de centres de thalassothérapie et de stations thermales… A l’occasion de ces Jeux, 14 projets hôteliers ont été programmés, dont cinq sont entrés en service entre septembre et janvier derniers. Grâce à ces derniers, la capacité d’accueil du secteur hôtelier de la ville a gagné 13.000 lits supplémentaires en créant plus de 1.000 postes d’emplois. Selon les données établies par la direction du tourisme, le parc hôtelier de la wilaya dispose désormais de près de 180 hôtels d’une capacité globale de près de 20.000 lits répartis entre les communes d’Oran, Mers El Hadjadj, Bousfer, El Ançor et à Aïn El Turck. Une autre acquisition et non des moindres est venue compléter le dispositif. L’aéroport international d’Oran s’est doté, à l’occasion de ces Jeux, d’une nouvelle aérogare d’une capacité de traitement estimée à 3,5 millions de passagers par an, extensible à 6 millions.
Yahia Benaïssa
 
Mobilier urbain : Du high-tech
La ville d’Oran sera dotée de nouveaux mobiliers urbains, en prévision des Jeux méditerranéens 2022. Ce mobilier est, selon des sources communales, constitué, notamment, de nouveaux abris-bus modernes dotés d’écrans tactiles permettant aux usagers d’accéder à des informations tels que le plan de transport de la ville. Parmi les autres mobiliers urbains proposés, on retrouve également des bancs publics au design très moderne, dont certains sont équipés de prises de courant pour le rechargement des téléphones, des vases à fleurs et à jardinières ainsi que des kiosques amovibles qui orneront les places publiques. L’acquisition de ce nouveau mobilier urbain, précisent les mêmes sources, s’inscrit dans la cadre d’un marché relatif à la publicité dans les espaces publics lancé par la commune d’Oran. Sept opérateurs privés ont soumissionné pour ce marché publicitaire, selon une formule qui prévoit la location d’espaces publicitaires à des tarifs préférentiels en contrepartie de la pose et de la gestion de ces mobiliers urbains. En d’autres termes, ce mobilier urbain ne coûtera absolument rien à la collectivité locale, qui, en plus, en deviendra l’exclusive propriétaire après cinq années, précise-t-on. Pour aider la collectivité locale à faire son choix entre les différents soumissionnaires à ce marché, une exposition a été organisée par les opérateurs privés en lice au niveau du salon des expositions de l’Emec à Medina Djedida.
Y. B.