El-Meghaïer : Tous autour d’une même table

Les réunions à caractère familial sont très importantes dans la wilaya d’El Meghaïer durant le mois de Ramadhan.
Tous les membres de la famille, épouses et enfants, se réunissent autour de la table des parents ou des beaux-parents tout au long du mois sacré. «Pour nous, le mois de Ramadhan est celui de la «lema» (rassemblement). On le passe avec les parents ou avec la belle famille», confie une mère de famille habitant la wilaya. Bien que les traditions culinaires aient quelque peu changé au cours des dernières années, certains plats sont restés «sacrés».
Au moment du ftour, en guise d’entrée, les familles d’El Meghaïer prennent généralement de la dobara aux pois-chiches ou bien aux fèves après la rupture du jeûne avec des dattes et du petit-lait. «Naguère, les familles se contentaient de dattes, de la dobara ou bien de chorba mermez (orge). Il n’y avait pas de deuxième plat. Mais depuis quelques années, notre table se trouve garnie avec des boureks ou brik et d’autres plats, algérois surtout», explique-t-elle. Selon elle, les sauces rouges sont privilégiées durant le mois de jeûne. Par contre, les sucreries, kelb el louz et zlabiya n’ont fait leur apparition qu’au cours des dernières années.
Auparavant, les habitants passaient leurs soirées avec du thé et des cacahuètes. «La galette, cela dit, est un élément culinaire important. Personne ne peut s’en passer. Surtout celle fourrée à la graisse qu’il faut consommer très chaude», ajoute-t-elle.
Outre celle fourrée à la graisse, il existe deux autres types de galettes dans cette région. La grosse est préparée avec un extra en levure boulangère et l’autre fine avec beaucoup d’huile. Dans les autres occasions, comme les fêtes religieuses, plusieurs plats traditionnels sont proposés aux invités. La «Chekhchoukha» tout d’abord, en sauce rouge dont la viande est marinée et cuite à la vapeur et la «Dchicha». C’est un plat de pâtes traditionnelles très fines cuisinées avec une sauce au Mermez et au poulet. La wilaya est connue également pour le «Batout», une sorte de «Zviti» à la sauce rouge.
Seulement, dans ce dernier, les légumes sont cuits contrairement au Batout. «Nous sommes aussi connus par «Mekhtouma», une sorte de Mhadjeb. On prépare une pâte, on la farcit d’une sauce tomate puis, on la couvre avec une autre pâte», précise notre interlocutrice. Le couscous fait aussi partie de nos traditions culinaires, mais il est souvent préparé avec une plante connue sous le nom de «Bendreg». «Cette dernière ressemble beaucoup aux épinards», rapporte le gérant d’un restaurant de la région, spécialisé dans la gastronomie traditionnelle.
De notre envoyée spéciale Farida Belkhri