Elections Locales : Grande effervescence au niveau des permanences 

Les permanences des candidats en lice pour les  locales du 27 novembre sont en pleine effervescence en cette troisième et dernière semaine de campagne électorale, devenues de véritables « fourmilières » qui s’affairent à accueillir le maximum de citoyens pour les convaincre de la nécessité d’aller voter en leur faveur.

Lors d’une tournée effectuée à travers les communes de la wilaya d’Alger pour se rapprocher des citoyens et procéder à un sondage sur cette  troisième échéance organisée en l’espace d’un an et demi, l’APS a constaté une accélération du rythme au niveau des permanences des candidats.
Dans la commune de Bab Ezzouar, et à l’instar de plusieurs communes à l’exemple d’El Mohammadia, de Dar El Beida et de Bordj El Kiffan à l’Est de la capitale, les passants sont vite interpellés par les affiches géantes placées à l’entrée des permanences, comportant les photos des candidats et leurs professions, avec des entêtes portant l’emblème national et des slogans partisans pour attirer les électeurs.
Les citoyens qui se rendent dans ces permanences pour s’informer des programmes des candidats sont bien accueillis et des dépliants sur les programmes élaborés leur sont remis.
Les staffs encadrant ces permanences veillent à répondre aux préoccupations des citoyens portant généralement sur le logement social, l’aménagement urbain, les aides sociales, les services de santé maternelle, outre les préoccupations des jeunes concernant les espaces sportifs.
D’après certains responsables de permanences au niveau de Belouizdad et d’Hussein-Dey, les activités des permanences montent crescendo, présageant d’une rude concurrence au cours des derniers jours de campagne, lors desquels les candidats joueront toutes leurs cartes, avant le silence électoral, multipliant les meetings populaires dans les grandes villes.
Tout au long de cette campagne électorale marquée à ce jour par une concurrence loyale, aucun dépassement n’a été enregistré, ont-ils mis en avant.
Les passants s’arrêtent désormais devant les espaces d’affichage à travers les différentes communes pour s’informer sur les candidats aux élections locales pour le renouvellement des APC et des APW, dont la majorité est âgée entre 26 et 53 ans et titulaires de diplômes supérieurs.
Qui sera, parmi tous ces candidats, le plus apte à diriger? s’interroge une septuagénaire, en scrutant les affiches des candidats à Dar El Beida.  « Ils sont tous les enfants de l’Algérie (…) bien que leurs programmes soient différents, l’objectif est le même: servir le citoyen et être à l’écoute de ses préoccupations », a-t-elle déclaré à l’APS.
Pour Djamel, fonctionnaire quinquagénaire, il a dit avoir participé à la majorité des derniers scrutins par conviction en vue de contribuer au changement escompté, tout en se disant déterminé à participer aux prochaines locales.
Approché par l’APS, Boualem. B ne voit aucune utilité à ces élections, vu que l’élu local ne jouit, dans la législation actuelle régissant les  collectivités locales, d’aucune prérogative importante.  Quant à Rym.T, étudiante, elle pense que « le vrai changement commence par le citoyen lui-même » et que l’élection n’est rien d’autre qu’un  comportement civilisé pour donner une légitimité populaire à celui qui souhaite gérer les affaires du citoyen. « Le vote est un devoir et consacre le droit de citoyenneté, mais le citoyen doit interagir positivement avec son entourage, car la collectivité  locale n’est finalement qu’un outil administratif, juridique et organisationnel qui requiert la participation de tous à son développement au service de l’intérêt général ».
Dans sa lecture de ce qui pourrait être considéré comme un « boom technologique » sur la scène générale de la campagne électorale, l’analyste  et professeur de sciences politiques à l’Université d’Alger, Radouane Bouhidel, a estimé que cette campagne électorale ne s’est pas écartée des  schémas habituels et de l’usage en politique dans tels rendez-vous électoraux, lors desquels la campagne débute doucement puis s’intensifie à  l’approche du jour J. Selon le même analyste, la classe politique « ne s’est pas encore remise du  choc des législatives de juin 2021 », ce qui explique un début de campagne timide, avant de reprendre son souffle. M. Bouhidel a indiqué que la campagne s’était « intensifiée » sur les réseaux sociaux, en particulier l’espace bleu (Facebook), qui se sont transformés en tribunes de promotion des programmes, une tendance qui se développe d’un scrutin à un autre.
La campagne actuelle a dévoilé une prise de conscience politique chez les jeunes qui aspirent à rompre définitivement avec les pratiques du passé et amorcer une nouvelle ère de démocratie participative, a-t-il poursuivi.