Elèves du primaire atteints de troubles mentaux : Une meilleure prise en charge s’impose

 Le ministère de l’Education nationale a  enregistré un millier d’élèves atteints de troubles mentaux légers,  d’autisme et de trisomie 21, inscrits en cycle primaire au titre de l’année  scolaire 2020-2021, les parents se plaignent toutefois d’un déficit en  structures spécialisées pouvant garantir une scolarisation adéquate à leurs  enfants.

S’exprimant à ce sujet, Khaled Ahmed, président de l’Association des parents d’élèves ( ANPE) dira «  qu’il faut multiplier les structures d’accueil des élèves atteints de troubles mentaux légers de troubles de l’autisme et de trisomie 21 », « malgré les efforts déployés par le ministère de l’Education nationale,  il reste encore des enfants de cette catégorie qui n’arrivent pas à trouver une place pédagogique dans les établissements scolaires,  sans oublier le manque de personnel, et d’encadrement spécialisés dans ce domaine. »
Pour Khaled Ahmed, il faut créer des centres spécialisés pour accompagner cette catégorie d’enfants.  Ce soutien permettra aux enfants de suivre une scolarité normale comme les autres enfants de leur âge.
Comme message passé direct aux décideurs, Khaled Ahmed recommande de s’occuper de cette catégorie d’enfants, en les prenant en charge jusqu’à ce qu’ils soient adultes, les aider à obtenir un boulot et leur faciliter l’intégration sociale.
Selon le psychologue Amine Danoune, l’ensemble des familles d’enfants autistes manquent encore de soutien et de structures d’accueil pour pouvoir souffler un peu. «  C’est le problème majeur de l’autisme en Algérie », a-t-il affirmé avant de recommander aux autorités compétentes de développer un diagnostic précoce, qui permet une meilleure prise en charge des enfants autistes. Pour lui, le diagnostic reste difficile à poser, souvent par manque d’informations. Il faut écouter et travailler en synergie avec les parents.
Partageant cet avis, madame Amelia Gharbi, mère d’un autiste, raconte sa galère quotidienne. Elle s’organise avec difficulté énorme pour prendre en charge son unique fils. Manil est intelligent, obéissant mais très violent. La difficulté de communiquer correctement le perturbe. Sa maman, divorcée depuis quatre ans, consacre plus de quatre heures par jour pour l’initier à quelques bases élémentaires éducatives. Elle se sent fatiguée par cette responsabilité et lance un appel aux autorités compétentes pour des centres d’accueil qui peuvent régler cette situation.
Pour sa part, Leila Yayssi, est elle aussi maman d’une fille autiste. Elle se plaint des frais de prise en  charge de sa fille Nihal dans l’établissement scolaire, précisant qu’il y a un grand nombre d’enfants autistes inscrits dans des listes d’attente et ne sont pas admis dans des classes spéciales. Pour répondre à cette plainte, Dr Djamel Loulmi, psychanalyste explique qu’un enfant autiste n’a pas besoin d’être placé dans une classe spéciale, ce qui aggraverait son cas. Il affirme qu’il faut l’intégrer dans une classe normale pour lui permettre de dépasser son handicap.
Il a insisté, dans  ce cadre,  sur la nécessité de conjuguer les efforts de tous les secteurs pour une sortie efficiente  de  cette crise. Il a mentionné l’importante collaboration avec le mouvement associatif, plusieurs départements ministériels dont le ministère de l’Education et le ministère de la Solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme.
Ahlem Nedjari est présidente d’une association régionale nommée «  Les enfants de demain ». Elle a évoqué les efforts du gouvernement pour élargir les prérogatives du mouvement associatif  pour résorber cette problématique.  Elle a cité les nombreuses activités qu’elle a tracées pour encadrer les enfants atteints de troubles mentaux comme la littérature d’enfance et de jeunesse, la musique, les arts, et un club d’initiation au cinéma.
Samira Sidhoum