Emeline Lorens, photographe : Au cœur de la poésie citadine

La photographe et diplomate à l’ambassade de France en Algérie,  Emeline Lorens, prend beaucoup de plaisir à photographier les rues. Cette fois-ci, elle a choisi les rues algériennes. Photographier ces dernières, c’est être funambule, se concentrer sur cette frontière ténue entre ce que dit l’espace public, ce qu’il dissimule, et tout ce qu’il transforme. La rue algérienne est un apprentissage. Elle devient, le temps d’une prise de vue, une réalité qui ne retentit alors que de nos propres profondeurs.

Lors de ses promenades, Emeline prête attention à tous les détails, et nous incite à plus regarder autour de soi, elle estime qu’il y a énormément de poésie dans les interactions des gens, et leurs comportements ;  et prend ainsi  à titre d’exemple le thème de la solitude qu’elle a abordé dans l’une de ses collections , c’est comme une fenêtre de l’intime, «  j’ai trouvé ça très intéressant, car j’avais l’impression de rentrer dans l’intimité en les photographiant, les gens marchent, en étant dans leurs pensées, ils marchent, regardent leurs pieds, des lors, on peut imaginer toute une histoire autour de ça…, au final l’image n’est qu’une suggestion », explique-t-elle ,  et argumente que c’est aux gens de construire leurs propre histoire,  en fonction de ce qu’ils retiennent de l’image, des couleurs et des lignes.
 Passionnée par l’art des clichés,  depuis son plus jeune âge, « j’ai investis dans mon premier appareil photo, un Bridge simplifié  à l’époque, à l’âge de 19 ans », confie-t-elle. C’est d’ailleurs son loisir préféré, Emeline s’amuse souvent  à capturer des moments, des sourires, des recoins de rues, et ce dès qu’elle en a l’occasion.
 Les œuvres photographiques de Laurens, représentent le reflet de promenades dans plusieurs villes du pays comme  Alger, Bechar, Oran, Ghardaïa, Bousaâda … des endroits que l’esthète a déjà eu  la chance de pouvoir explorer, mais ce n’est pas le reflet de tous les endroits, car elle a était dans d’autres villes. « Je prenais des photos en cours de promenade le week-end, en compagnie de mes amis, on choisissait des endroits au pif, la Casbah, Alger-centre,  Bologhine, avec du hasard, de la chance, la lumière du jour »,  réplique-t-elle.
 A travers ses beaux clichés, Emeline nous invite a  plus regarder autour de nous, ne jamais regarder ses chaussures en marchant, et de voir qu’on peut vraiment trouver la beauté dans tout, en particulier dans la rue et les scènes de la vie quotidienne ; ces dernières ont beaucoup à nous apprendre sur nous-même et notre environnement, dans l’ espoir que ces images puissent parvenir à ses objectifs.
Nabiha Cheurfi