En plein 4e vague du coronavirus : Masques, à bas la rigueur

Est-ce une salutaire prise de conscience ou une peur de l’autorité qui a décrété son port obligatoire? Dans les rues, ils sont de plus en plus nombreux à se «cacher» derrière un masque. La hausse des cas de contamination alimente la peur. «On parle davantage d’omicron que des Verts»,  ironise un cafetier derrière son comptoir. Lui aussi s’est résigné à exiger de ses clients de se «masquer». Nos reporters sont allés voir dans la rue, les transports publics, les établissements de santé et les espaces commerciaux. Ce sont des lieux où le risque est grand. Ils reviennent avec des images contrastées. Celles de citoyens qui se protègent et semblent avoir pris la mesure du danger. D’autres persistent dans le déni. Sans trouver en face assez de fermeté car une loi s’accompagne toujours des moyens de la faire respecter.

Ces derniers jours, l’Algérie voit le nombre des contaminations par la Covid-19 passer largement au-dessus de la barre des 1.000 cas quotidiens. La quatrième vague déferle avec force sur le pays et omicron, un variant extrêmement contagieux, gagne du terrain. Pour éviter l’aggravation de la situation, les pouvoirs publics prônent la sévérité et exigent le respect des mesures barrières, notamment le port du masque en tout lieu. Le Premier ministre, usant d’un langage franc et direct, a mis en garde contre la propagation du virus dont la première conséquence est la saturation des hôpitaux. Dans pareille conjoncture, l’application des règles barrières, comprenant le port obligatoire du masque de protection, le respect des mesures d’hygiène et de distanciation physique, est un devoir auquel nul ne doit se soustraire.
Le Premier ministre a appelé les citoyens à soutenir l’effort national de lutte contre la pandémie qui sévit de par le monde. Ila insisté sur la vaccination qui reste, selon lui, le meilleur moyen de se prémunir contre ce mal «ravageur». Toutefois, la nouvelle donne sanitaire a remis à l’ordre du jour la question du port du masque qui suscite encore des réticences. Dans l’état actuel de la pandémie, ôter cet accessoire protecteur peut s’avérer très dangereux. Il demeure indispensable pour lutter contre un virus mystérieux et en constante mutation.
Après plus de deux ans d’une crise inédite, les citoyens ont-ils enfin compris son utilité ? Il semble que la majorité d’entre eux a décidé de ne pas faire tomber ce masque par crainte. Dans les rues, beaucoup de femmes et d’hommes tiennent encore à ce bout de tissu encombrant. Ils préfèrent maintenir la garde et rester vigilants. Hélas, une minorité se montre récalcitrante vis-à-vis de cette disposition sanitaire. Elle refuse de se rendre à l’évidence et comprendre, une bonne fois pour toutes, que ce masque est recommandé dans un seul et unique but : se protéger contre ce dangereux virus. Certes, ce n’est pas la panacée, mais c’est un bouclier efficace, et il fait partie de la solution. Les autorités publiques ne cessent de rappeler que le masque est l’un des moyens qui peut endiguer la recrudescence des contaminations. Il nous protège et protège les autres, notamment ceux qui sont fragiles. Pour ce faire, elles n’ont pas tardé à passer à l’acte en infligeant de lourdes amendes aux réfractaires. Cela avait d’ailleurs suscité des incompréhensions, voire des contestations. Le port du masque nous confronte ainsi à un problème majeur : l’incivisme. Aujourd’hui, vu le nombre de cas infectés, cette disposition restrictive est de nouveau effective et il va falloir s’y accommoder. Nous devons nourrir un sentiment de fraternité pour nous protéger mutuellement contre d’éventuels pics pandémiques. Soyons tous masqués…tant que l’effrayant spectre est toujours là.
Karima Alloun