En présence d’une foule nombreuse : Ahmed Benaïssa enterré à El Alia

À la cité Rabia Tahar de Bab-Ezzouar (Alger), devant l’immeuble 31 où résidait le regretté Ahmed Benaïssa, la consternation était sur tous les visages. Benaïssa y a vécu depuis plus de trente ans et a marqué les esprits par sa modestie et sa disponibilité, comme en témoignent ses voisins.

Plusieurs  personnes sont venues  rendre un dernier hommage à cette grande figure du cinéma. Il y avait ses voisins et les membres de sa famille mais aussi ses nombreux compagnons du monde artistique. On peut y reconnaître Merzak Allouache, Ziani Cherif Ayad, Hacen Benzerari, Abdelhamid Rabia, Mustapha Ayad, Rachid Djerourou, Nabil Asli, Laid Djelloul, Mohamed Cherchal, et bien d’autres encore du monde du 7e  et du 4e art.
C’est tout d’abord Abdelhak, le frère cadet d’Ahmed Benaïssa, qui évoque son aîné. «Ahmed a vécu sa jeunesse loin de la famille. Notre père qui était recherché par l’armée française, s’est enfui  en France en l’emmenant avec lui. Lorsque notre père a été arrêté, il s’est retrouvé seul en France. Malgré tout, il a su se prendre en charge en y effectuant des études. Par la suite, il est rentré au pays pour suivre le parcours que vous connaissez». «Je viens de perdre mon second père et mon ami. Il est mort dans un lieu qu’il aimait et qui est le temple du cinéma».
Nesreddine Aouragh est un voisin d’Ahmed Benaïssa. «Il était toujours à l’écoute des autres. Il nous a appris énormément car il était d’une grande culture et prenait toujours le temps d’expliquer les choses». Abderrahmane, un jeune du quartier, évoque avec émotion le défunt Ahmed Benaïssa. «Il était plus qu’un voisin, il était notre père à tous. C’était un homme respectueux et d’une grande simplicité», dira-t-il.
Hacen Benzerari regrette la perte d’un grand monsieur du cinéma. « Il était un exemple extraordinaire pour ses partenaires et tous ceux qui l’entouraient». Pour Ziani Cherif Ayad, «Ahmed était un personnage dans le sens positif du terme. Il était très curieux des arts en général, chose rare chez beaucoup d’artistes. Il fait partie d’une génération qui avait la vraie passion du théâtre et du cinéma.»
Après la prière du mort à la mosquée du quartier, la dépouille du défunta été accompagnée par ses amis et voisins à sa dernière demeure au cimetière El Alia à Alger.
Hakim Metref