Energie renouvelable : «Un potentiel exceptionnel»

Le potentiel énergétique algérien est énorme et les pouvoirs publics affichent une volonté d’exploiter cette grande richesse pour devenir un des grands pays exportateurs électricité, a rappelé, ce mercredi, le chef de cabinet au ministère de la Transition énergique et des Energies renouvelables, M’hamed Hammoudi, qui donne l’exemple du potentiel solaire photovoltaïque, qui est estimé, selon lui, à 235.700 TWh/an, celui de l’éolien qui dépassera les 12.940 TWh/an ou encore le potentiel solaire thermique qui est estimé à 169.880TWh/an.

Selon M’hamed Hammoudi, toute cette énergie donnera une capacité de 400.800TWh/an. Ce qui correspondrait à 15 fois la demande en électricité mondiale ; cela constituerait 39 fois notre réserve en gaz, 35 fois le potentiel en Afrique uniquement en solaire. «Si nous devons comparer ce gigantesque potentiel avec nos voisins européens en ajoutant la GB, qui n’ont qu’un potentiel énergétique de 11.100 TWh/an en solaire, dans l’éolien, il n’est qu’a 5.400TWh/an. Donc, l’Algérie a un potentiel énergétique exceptionnel», a indiqué, hier, M’hamed Hammoudi sur les ondes de la Radio nationale Chaîne trois. Il argumente que ces données représentent les résultats d’un travail fait par un groupe chercheurs algérien et ces chiffres ont été corroborés par de grands centres de recherches au niveau international. «Nous sommes non seulement entrain de démontrer nos capacités énergétiques, mais aussi techniques et économiques», fait remarquer le responsable avant d’annoncer que 109 investisseurs représentant les quatre continents du monde sont venus retirer le cahier des charges. Selon lui, ce nombre va s’accroître davantage dans les mois à venir. «Il y a un engouement de la part d’entreprises internationales et nationales qui veulent participer à ce projet de 1.000 MGW qui prélude les15 MGW mis en place. En matière de priorité énergétique, le même responsable estime que toutes les variétés énergétiques en Algérie sont intéressantes en matière économique. Il explique qu’un travail a été fait sur le solaire photovoltaïque, le solaire thermique, l’éolien qui grâce aux études faites, on découvre un potentiel très intéressant et un travail sur la valorisation des déchets estimé a 14 millions de tonnes/an dont 54% composé d’organiques. Pour M’hamed Hammoudi, on perle aussi de l’exploitation de près de 5,5 millions/an de tonnes de déchets pour produire de l’électricité ou la méthanisation, c’est-à-dire la production du bio carburant. Selon lui, l’Algérie a mis en place une stratégie pour l’exploitation des déchets à travers les centres d’enfouissement technique et l’exploitation de la géothermique pour produire de l’électricité. Il ajoute aussi l’exploitation du potentiel vent qui a également un rôle important en matité économique. «A travers toutes ces variétés énergétiques, ont peut créer un mixte énergétique». Le représentant du ministère des Transition énergétique met en exergue le potentiel énergétique éolien en Algérie qui peut atteindre dans des zones 5500 heures de vent par an sur une étendue qui dépasse les 145.000 km.  Il explique que le potentiel énergétique éolien est estimé à 12.943 TWh/an, ce qui représente deux fois et demil e potentiel énergétique éolien européen. «Nous avons des zones dans le Nord, le Sud qui sont très favorables à l’installation des éoliennes», annonce Hammoudi en précisant que ce potentiel éolien existe sur neuf wilayas à l’avantage de fabriquer de l’énergie verte. Parmi les objectifs tracés, c’est celui de l’exploitation de l’énergie renouvelable pour pouvoir préserver le gisement gazier car selon M’hamed Hammoudi, 95% de l’électricité est fabriquée par le gaz, d’où la nécessité d’économiser le gaz et le gasoil aussi car, selon lui, 7.500 hectares en Algérie exploités pour l’agriculture utilisent le gasoil.
Un gisement d’emplois
Le projet de la valorisation de cette variété ou plutôt mixte énergétique permet à l’Algérie de devenir un leader mondial dans le domaine énergétique mais constitue aussi un gisement d’emplois. Le représentant du ministère des Energies renouvelables explique que le premier projet, celui de mettre en place les 15.000 Mgw, va générer au moins 4.500 emplois. Les autres projets impliqueraient les secteurs de l’eau, c’est-à-dire la valorisation de l’eau de mer, le dessalement  d’eau, ou même saumâtre dans le Sud. «Cela va générer de l’emploi. Pendant les phases de construction, nos études prévoient la création de 87.000  emplois. Pendant la phase de fabrication, 130.000 emplois pourront être créés et 119.000 autres sera créés lors de la phase d’exploration. Donc, c’est un gisement énergétique et à la fois pourvoyeur d’emplois», a souligné M’hamed Hammoudi en précisant que l’Algérie a le meilleur gisement en hydrogène vert au monde. Il explique que «si l’Algérie fabrique 5,5% des besoins de l’Europe en hydrogène vert, c’est-à-dire 1 million de tonnes/an, elle devra installer 15 GW en éolien et 30 GW en solaire, elle devra générer d’une part le crédit carbone qui est considérable et estimé à 59 millions de crédits et devra générer une énorme quantité d’oxygène».  Nous devrions être le géant de l’oxygène aussi puisque avec 1 million d’hydrogène produit, il y a 8 millions de tonnes d’oxygène produit aussi», a précisé le responsable avant d’annoncer que l’exportation du crédit carbone permettra à l’Algérie de consolider sa position dans le monde énergétique et permettra également aux entreprises algériennes exportatrices de ciment, de fer, d’aluminium, d’électricité et des engrais d’éviter le payement de la taxe carbone qui sera comptabilisée à partir de 2023 pour chaque exportation vers l’Europe. «Accéder au crédit carbone donnera un gros avantage à nos entreprises qui seront compétitives et prendront d’autres parts du marché.»
M. Benkeddada