Entrave au stationnement et à la libre circulation, Un phénomène qui se banalise

La pose d’obstacles physiques entravant la circulation automobile et le libre stationnement, notamment à proximité des résidences immobilières ou sur les grandes artères commerciales, est en train de devenir un véritable phénomène social observé dans plusieurs villes du pays, particulièrement celles à forte densité démographique. Certains commerçants indélicats se sont, en effet, adjugés le droit de dresser des obstacles métalliques ou en béton, soit pour se réserver une place de stationnement devant leurs locaux, soit pour empêcher carrément tout stationnement sous prétexte d’assurer de la visibilité à leurs vitrines. Ce genre de pratiques qui, le plus souvent, ne repose sur aucune base juridique ni sur une quelconque autorisation préalable des services communauxa fini par faire réagir les autorités locales à Oran. Au centre-ville par exemple, les services de la délégation communale «El Emir» en collaboration avec les services de la division de la voirie et de la circulation de la commune d’Oran ont procédé, à plusieurs reprises, à des opérations de démantèlement de ces obstacles et autres parking-locks posés de manière anarchique et sans autorisation. Ces opérations s’effectuent le plus souvent en présence des agents de la voie publique et de la police d’urbanisme et de protection de l’environnement. Objectif : assainir graduellement la voie publique du centre-ville de tous types d’obstacles anarchiques qui entravent le stationnement libre et la circulation automobile.Il s’agit surtout, selon les instances communales, de «mettre fin à un phénomène qui commence à prendre des proportions alarmantes à travers lequel des citoyens peu scrupuleux se donnent le droit de s’accaparer des espaces publics, soit pour les réserver au stationnement de leurs propres véhicules, soit pour empêcher les autres automobilistes d’y stationner sous prétexte qu’ils sont mitoyens à leurs habitations ou de leurs commerces». Ces dispositifs d’empêchement de stationnement, expliquent les mêmes sources, qui «sont divers et souvent fabriqués de manière artisanale, en métal ou sous forme de tubes en béton coulés à même le sol, ne répondent à aucune norme de sécurité».
D’autres, plus subtiles, utilisent, en revanche, des bacs à plantes déposés sur la chaussée pour empêcher les stationnements. Des dispositifs qui, en plus de leur caractère illégal, car n’ayant fait l’objet d’aucune procédure de demande administrative auprès des autorités compétentes, représentent, en outre, «une entrave à la circulation automobile et même, dans certains cas, un danger avéré pour la sécurité des piétons», soulignent les mêmes sources.
Dans d’autres quartiers de la ville, à l’instar d’El Othmania (Maraval), à l’ouest de la ville, par exemple, le phénomène est encore plus ancien. Les habitants des divers cités du quartier avaient fait face, pendant plus de 20 ans, à un marché hebdomadaire anarchique, «Soug Larbaâ», qui, chaque mercredi, déployait ses tentacules jusqu’aux entrées des blocs. La seule réponse trouvée par ces habitants pour se protéger contre ce marché «invasif» était de se barricader derrière des obstacles. Depuis, ledit marché a été délocalisé, mais les obstacles et autres clôtures métalliques continuent de faire partie du paysage pour témoigner encore d’un phénomène qui a fini par se banaliser pour faire désormais partie des nouvelles mœurs de la cité.
 Yahia Benaïssa