Entreprises industrielles publiques en difficulté : Nouveau sauvetage de l’Etat

Après la mauvaise passe, le bout du tunnel. Quinze entreprises industrielles publiques reprendront leurs activités avant la fin de l’année en cours, suite à l’adoption de plans nationaux de redressement approuvés par le Conseil de participation de l’Etat, a annoncé, jeudi dernier, le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar. Ce n’est pas la première fois que l’Etat sauve les entreprises publiques. Des opérations de sauvetage ont été déjà menées. Des experts estiment important de repeser la gestion managériale de l’entreprise publique et surtout d’en faire un acteur économique qui bénéficiera d’une totale liberté d’entreprendre.

Professeur à la faculté des sciences économiques de l’Université Aboubakr-Belkaïd de Tlemcen, Chaïb Baghdad estime qu’un plan de redressement est établi pour venir en aide sur un plan financier à une entreprise qui souffre d’une situation financière pénible, mais il est destiné plus pour des entreprises économiques plus fiables, performantes et susceptibles de réaliser des performances tant au niveau de la production qu’au niveau de la finance et des profits. A cet effet, «on doit éviter les erreurs commises dans la passé avec des plans de redressement qui n’ont pas donné les résultats et les objectifs escomptés, causant, ainsi, des préjudices financiers assez conséquents pour le Trésor public», fait-il rappeler. Pour lui, il s’agit surtout d’analyser et étudier d’une manière objective les aptitudes et capacités des entreprises ciblées pour se redresser elles-mêmes, à travers un diagnostic réel et convaincant, dans un souci de relever les lacunes et faiblesses rencontrées au niveau de la gestion et le management, et expliquer les raisons qui ont causé une telle situation financière pour l’entreprise économique. «Un programme détaillé et conçu d’une manière conjointe entre les responsables de ces entreprises et le gouvernement est vivement recommandé et conseillé pour déterminer ensemble les points faibles qui ont abouti à cette situation et surtout déterminer ensemble les moyens pour y remédier, du moment qu’il s’agit d’un plan entièrement financé par l’Etat», estime-t-il.
Notre interlocuteur souligne que ces entreprises souffrent non seulement d’un problème de management, mais aussi de quelques défaillances au niveau organisationnel et opérationnel, avec des décisions inappropriées et inadaptées prises au niveau économique et financier, et aussi d’autres problèmes au niveau technologique, innovation, rentabilité et autres. «La solution réside au niveau d’une réorganisation des fonctions et des services selon les évolutions observées au niveau international, avec des pratiques plus adaptées et conformes à ces transformations, mais aussi la disponibilité des facteurs qui contribuent dans cette solution, entre autres, une disponibilité financière, humaine, technologique et surtout managériale», recommande-t-il.
L’expert financier et directeur général du cabinet RMGC Advice & Solution, Souhil Meddah, estime que l’Etat octroie des dotations financières aux entreprises en difficulté afin de redynamiser leurs activités. Selon lui, le problème réside dans le fait que ces entreprises se heurtent souvent à une réalité marginale financière qui correspond à la gestion des coûts, des marges supplémentaires en termes de masse salariale et des coûts de fonctionnement très élevés. Il dit que celles-ci doivent s’ouvrir sur des marchés dynamiques et compter sur un modèle économique qui va vers l’offre et la demande diversifiée pour retrouver de nouveaux débouchés, et dans le même sens doivent capitaliser de l’expérience pour pouvoir offrir leurs offres. «Sinon, il ne faut pas vivre seulement avec une dotation pour ensuite retourner au point zéro», met-il en garde.
Notre interlocuteur a évoqué, également ,la gestion des actifs de certaines sociétés gérées d’une manière flexible où il n’y a pas la liberté d’entreprendre et de décider. Et là, «on revient à la dépénalisation de l’acte de gestion. Vous avez des actifs de certaines sociétés qui sont mono-orientées vers des utilisations précises», fait-t-il remarquer. Selon lui, l’entreprise publique doit se considérer comme un opérateur économique qui exerce dans un cadre d’écosystème et ne doit pas se considérer comme un donneur d’ordres, mais être flexible selon les projets qui y sont présents. Il dit que le capital d’exploitation de l’entreprise publique en difficulté doit faire face à une dynamique économique d’une façon permanente.
Amokrane H.