Entreprises publiques stratégiques : Ouverture des capitaux début 2022

Les capitaux des entreprises publiques stratégiques seront ouverts aux investissements privés, a annoncé, dimanche à Alger, le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, lors de sa visite aux workshops dans le cadre de la conférence nationale sur la relance industrielle.

«Les capitaux des entreprises publiques stratégiques et non stratégiques seront ouverts aux capitaux privés, notamment à travers la Bourse, à partir du début de l’année 2022», a précisé le Premier ministre. Par ailleurs, Benabderrahmane a indiqué que la priorité dans le secteur industriel sera accordée au marché national. «Le marché national d’abord, les exportations ensuite. Nous devons d’abord satisfaire les besoins du marché national avant de penser à exporter. Substituer également à nos importations une production locale. Pour exporter, nous devons standardiser l’ensemble de nos produits», souligne-t-il. Dans cette optique, il a appelé à accorder une attention particulière au climat des affaires et au cadre réglementaire. A ce propos, il a affirmé que ce cadre doit être stable, afin que l’entreprise se développe dans un environnement sain. «Le nouveau code de l’investissement est en étude et en cours d’enrichissement. Tous les acteurs, opérateurs et administrations, sont appelés à y contribuer dans une vision consultative. Nos lois ne doivent plus être accompagnées par des textes d’application qui l’alourdissent et empêchent leur mise en œuvre», exhorte-t-il.
Le nouveau code de l’investissement, signale-t-il, favorise la mise en place de mécanismes fonciers et d’accompagnement et de compétitivité pour les entreprises industrielles et productives. «On a recensé 1.080 ha de foncier inexploités. Avant de penser à créer d’autres zones industrielles, il faudra d’abord faire profiter les investisseurs de ces espaces. Un guichet unique sera bientôt mis en place pour les opérateurs dont les investissements dépassent les 500 milliards de dinars», fait-il savoir. Les avis de l’ensemble des participants à ces ateliers, dit-il, seront pris en considération pour la révision notamment des textes réglementaires. Concernant le climat des affaires, il estime qu’il exige un changement de mentalités au niveau des entreprises comme au niveau de l’administration ainsi que l’éradication des pratiques négatives qui empêchent les sociétés de prendre leur envol. «L’administration, au niveau local surtout, doit s’adapter aux nouvelles méthodes de gestion, afin que la confiance soit rétablie entre elle et l’opérateur. L’administration ne doit plus considérer ce dernier comme son ennemi», recommande-t-il. Il a indiqué, par ailleurs, qu’une nouvelle vision gérera désormais les investissements étrangers directs. Il a expliqué, dans ce contexte, que ces investissements devront couvrir la balance en devises, à travers notamment des exportations. «Notre marché ne sera plus celui de la consommation. Nos opérateurs bénéficieront des avantages tirés à travers les accords avec nos partenaires, l’UE notamment, mais pas aux dépens de notre balance en devises. Il ne sera plus question qu’un investisseur étranger transfère 80 millions de dollars par an, alors que ce qu’il a investi sur notre marché est inférieur à ce volume», conclut-il.
Farida B.