Plages, barrages, mares d’eau… : Baignade de tous les risques

Si la mer a ses plaisirs, elle a aussi ses dangers. Chaque été charrie, malheureusement, son lot de morts, victimes, tous ou presque, de noyade. Cet autre mal de la mer, et des points d’eau en général, prend des proportions inquiétantes malgré les dispositifs mis en place par les autorités locales et les corps constitués. Le mouvement associatif est autant engagé à sauver des vies en organisant des campagnes de sensibilisation qui sont, il faut le dire, utiles à plus d’un titre.

Chaque année, la mer fait des victimes. Rien que le week-end des 9 et 10 juillet de l’an dernier, 25 personnes ont perdu la vie. Ce genre de drames touche les zones côtières mais aussi les wilayas de l’intérieur où mares et barrages se révèlent également meurtriers. L’été qui vient à peine de débuter ne fait pas exception.   D’El Kala à Aïn-Témouchent, le bilan de 2021 s’élève à pas moins de 71 personnes ont trouvé la mort, en majorité des jeunes et des enfants parmi lesquels figurent également des victimes de sexe féminin. Il serait sans doute facile de mettre ces drames sur le compte de «pas de chance». Toutefois, il serait quand même plus raisonnable de concéder que, quelque part, les victimes ont plus que joué avec le feu. Elles ont tenté le diable en se fiant qui à l’onde tranquille d’une retenue d’eau, un barrage ou une réserve quelconque, qui à une crique isolée sinon une plage à l’aspect tranquille.  Déserte justement parce qu’elle n’est pas surveillée en général pour sa dangerosité.
Bien entendu, tout baigneur doit faire preuve de bon sens et éviter de se baigner dans un quelconque espace marin en l’absence d’autres personnes. Le même bon sens voudrait que les risques potentiels d’une plage doivent être administrativement signalés non par ouï-dire, par des informations sporadiques, mais par des panneaux adéquats. On signalerait d’une part les risques auxquels s’exposerait tout contrevenant pour sa propre intégrité physique pour ne pas dire sa vie mais aussi les sanctions administratives conséquentes en cas de non-respect des instructions et mises en gardes. Or, cela ne semble être appliqué que dans quelques villes et stations balnéaires alors même que l’absence d’un poste de surveillance de la Protection civile constitue un sérieux avertissement aux baigneurs  inconscients.
La mer existe pour prendre en défaut l’homme, avoir le dernier mot sur lui dès que celui-ci nourrit de puériles velléités de domestication ou pense la défier en bravant sa force. En fait, comme il est dit dans une chanson, «Ce n’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme». Et, c’est malheureusement ce qu’elle fait sur l’ensemble de nos plages plus particulièrement à hauteur des côtes isolées où la multiplication de ces trous d’eau (baïne) qui se forment dans le sable, avec l’action du courant, trompent les baigneurs isolés.
Les pouvoirs publics notamment la Protection civile et les services de sécurité n’ont jamais failli, depuis quelques années, à prendre des mesures et des dispositions pour y mettre un terme ou du moins réduire au maximum les risques évoqués et préserver des vies humaines. Il n’en demeure pas moins que compte tenu de la répétition des drames à chaque saison estivale, cela ressemble, à s’y méprendre, à une inévitable et triste fatalité.
Abdelhamid Lemili