Étiquettes des produits alimentaires : Peu …de lecteurs

De nos jours, les populations en général sont exigeantes, voire curieuses de la composition de leur nourriture. Effet de mode ou nécessité sanitaire ?

«Lorsque l’on fait ses courses, il est important de lire attentivement les étiquettes des produits alimentaires que l’on achète car cela va de notre santé, surtout que le vocabulaire alimentaire n’est pas très clair», prévient la nutritionniste Djouher Addi. Aussi, recommande-t-elle, comme premier réflexe, de lire la liste des ingrédients contenus dans le produit à acheter. Elle propose de regarder le taux des ingrédients d’un produit comme une boîte conserve de maïs, où on peut lire clairement que le principal composant chimique du grain de maïs est l’amidon. Elle cite aussi l’exemple de la mayonnaise industrielle. «Généralement, on prépare la mayonnaise avec du jaune d’œuf, de la moutarde et de l’huile émulsionnés ensemble, et parfois avec du citron ou du vinaigre. Par contre, les industriels y ajoutent du sucre, des épaississants, des colorants ou des arômes divers», note-t-elle. Cette spécialiste de la nutrition rappelle que l’Algérie compte 5 millions de diabétiques, soit 14 % de la population. «C’est pour cette raison que les consommateurs doivent être deux fois plus vigilants en vérifiant le taux de sucre contenu dans les produits alimentaires», insiste-t-elle.
«Mes enfants raffolent de la purée de pomme de terre, j’en achète souvent. Un jour, je venais de rentrer du boulot, j’ai dû préparer un repas facile et surtout rapide, une purée de pomme de terre industrielle et locale. À ma grande surprise, elle était immangeable car elle contenait un taux élevé de sucre. J’ai consulté le service consommateurs qui m’a rassurée que ce genre de situation ne se reproduira plus à l’avenir», affirme une jeune dame à Bab El Oued. Une autre cliente dans une supérette à Hussein Dey, souligne qu’avant de contracter le diabète, elle se contentait seulement de vérifier la date de péremption du produit alimentaire. Mais depuis qu’elle est diabétique, elle lit attentivement le contenu des ingrédients. Un autre client, diabétique et hypertendu, se plaint de l’affichage des ingrédients en langue étrangère, comme c’est le cas du poisson congelé importé. «Je ne comprends rien de ce qui est écrit sur l’étiquette. Je veux savoir la nature, les composants et la provenance de ce poisson qui ressemble à de la sole.»
Les adjuvants pointés du doigt
Un autre adjuvant est pointé du doigt. Il s’agit des édulcorants dont la présence n’est pas mentionnée sur la fiche détaillant les valeurs nutritives d’un produit puisque ce ne sont pas des nutriments. Ces substances apportent une saveur sucrée et quasiment pas de calories. Cependant, leur consommation régulière représente un danger, alerte la nutritionniste. «La consommation d’édulcorants s’est très largement développée au cours des dernières décennies. Des études épidémiologiques indiquent que leur utilisation régulière est associée, de façon indépendante, à un risque d’obésité et de diabète de type 2», signale-t-elle.
D’autres consommateurs, comme Rabah, qui souffre depuis deux ans d’hypertension, vérifient seulement le taux de sel contenu dans le produit. «Je vérifie uniquement le taux de sel parce que je suis hypertendu. Je peux tolérer jusqu’à un gramme, mais pas plus. Mais, je regrette que l’affichage ne soit pas clair sur l’ensemble des produits exposés. Je retrouve souvent des produits avec seulement l’affichage du sodium.» Pour Sabrina, jeune maman de deux enfants, l’essentiel, pour elle, est la provenance des produits. Elle avoue avoir une préférence pour ceux importés. «Certes, je paye plus cher mais en revanche, j’achète un produit de qualité.» Elle nous montre une application sur son smartphone qui l’aide à lire rapidement l’étiquetage. «En scannant le code barres du produit acheté, cette application me renseigne sur l’impact du produit sur ma santé. Parfois, l’application me propose des alternatives», a-t-elle ajouté.
Samira Sidhoum