Exposition d’art plastique à la Galerie Ezzou’art :  Les talents cachés d’un enfant en difficulté mentale  

La Galerie Ezzou’art (Alger) a fêté la Journée de l’enfance en compagnie  de l’association Alif(Aide à l’insertion socioprofessionnelle des enfants en difficulté mentale) avec une exposition d’art plastique d’une cinquantaine de toiles : peinture sur verre, tissu, macramé, broderie, céramique, mosaïque et calligraphie.

 Ces enfants ont exhibé leur créativité et potentiel plastique, sous des motifs principalement floraux, portraits de femmes africaines, chaouis et kabyles, avec des couleurs gaies à l’appui. Sur place, à l’aide de cure-dents et de calques, une dizaine de ces chérubins se sont s’attelés à confectionner leurs modèles préférés lors d’un atelier de peinture sur verre, sous la férule d’Ali Lardjane, secrétaire général de l’association. Le sourire aux lèvres, ils ont fêté leur réussite avec leur assistant, les encouragements de celui-ci pèsent lourd à leurs yeux. Parmi eux, Chimouni Mohamed Abderahmen, âgé de 29ans dont les réalisations sont remarquables : «J’ai grandi au sein de cette association, mes professeurs m’ont suivi depuis mon plus âge, et je souhaite devenir un grand plasticien, car j’adore la peinture, c’est un monde qui me procure tant de bien-être.» Le responsable de l’atelier explique : «Ces enfants à besoins spécifiques sont d’un grand talent, ambition et créativité, donnons-leurs la chance de percer et surtout de s’intégrer en société.» Ses derniers ont certainement des lacunes qu’on peut tous avoir quelque part, mais ne manquent pas de don et de passion, ils sont malheureusement et constamment rejetés par la société par des  regards méprisants, des mots blessants ou encore un refus de recrutement.  grandir leurs talents.
A ce propos, Meriem Hamoud, membre de l’association, exprime son amour et attention pour cette catégorie d’enfants et estime que cette exposition n’est autre que le fruit d’un travail acharné des membres de l’association, à travers l’encadrement, le suivi, l’orientation et l’encouragement. «C’est une grande fierté pour tout l’établissement. Ces enfants comprennent très bien, il suffit juste de les prendre en charge, dès le plus jeune âge.» Elle déplore la non-implication de l’Etat dans le financement de ce projet, et dit se contenter de quelques sponsors et cotisations parentales. La responsable souhaiterait construire une école d’une grande capacité d’accueil.
  L’association Alif, activant à Alger et Blida, à but non lucratif, pour les enfants à besoins spécifiques, qui est d’ailleurs la seule et unique du pays, a été créée en 2003 pour contribuer à la levée des obstacles rencontrés par cette frange de la population dans leur insertion scolaire et socioprofessionnelle. Depuis sa création, l’effectif des élèves est passé de 68 à 180, dont 125 enfants trisomiques, 29enfants présentant une pathologie neurologique et 26 enfants autistes, répartis en 18 classes. Deux d’entre elles sont réservées à la formation professionnelle, et un autre espace est dédié à l’apprentissage de l’outil informatique. L’exposition prendra fin le 20 juin prochain.
   Nabiha Cheurfi