Exposition de l’artiste Mohamed Azzoug : «Repentance», une invitation à la purification

L’artiste plasticien Mohamed Azzoug a présenté, du 23 décembre au 8 janvier à la villa Dar Abdeltif, une exposition originale par la conception et par le thème, qu’il a choisi d’intituler «Repentance».

En effet, visiter son œuvre s’apparente à une séance de psychanalyse et d’introspection dans la conscience et un questionnement sur la nature humaine. «Repentance», comme son nom l’indique, incite à se remettre en cause et se délester de ce qui est négatif en soi, pour «blanchir» l’âme et la conscience.
Alliant arts plastiques et techniques d’impression numérique, chacune des œuvres présentées est une mini-séance d’exorcisme du mal qui est en chacun et une invitation à la purification. Par l’introduction du numérique, l’artiste nous renvoie à la vie moderne qui, souvent, affecte l’esprit et altère l’humanisme par une quête continue du bienêtre matériel au détriment de l’élévation spirituelle. La plus marquante des œuvre est celle baptisée «Se laver de ses péchés» où l’artiste présente un ensemble de vêtements suspendus, figés par du ciment et de la résine, sous lesquels on peut voir jonchés par terre des mots tels que «Envie», «Paresse», «Colère» et autres termes rappelant les sept péchés capitaux. Le vêtement qui représente ici la couverture charnelle du corps qui emprisonne l’esprit et par cette  «repentance» se débarrasse de ses péchés.
«Le tamis» autre sculpture, représente aussi la faculté de faire le tri dans son esprit pour ne garder en soi que ce qui est positif et ce qui est  représentatif du bien.
Dans une série de photographies, en noir et blanc, l’artiste représente des refugiés, tout en indiquant que nous sommes tous des «refugiés» victimes de répression sociale, culturelle ou intellectuelle d’une manière ou d’une autre.
«The rawwar», ou la guerre crue, est une autre série de réalisations par impression numérique sur toile, représentant une forme de vision kaléidoscopique et psychédélique, à travers lesquelles l’artiste dénonce l’absurdité des conflits et la volonté des hommes à dominer d’autres par la force et le pouvoir. «Hyper connectivité» est une œuvre composée, de 1.90 m sur 1.30 m, où l’on devine, par la présence de câbles électrique,  une allusion à la vie virtuelle qui se substitue lentement et insidieusement à la vie réelle et dans laquelle se réfugie la majorité des êtres humains, se déconnectant ainsi de leur nature d’êtres sociaux, pour devenir des données numériques et des pulsions électriques. L’exposition présente d’autres œuvres telles que «La corde», impression numérique sur plexiglas, ou «Addiction», bas-relief composé de cigarettes et d’armes en plastique.
Mohamed Azzoug est un  artiste plasticien né en 1973 à Alger. Il se destinait au dessin et au modelage dès son enfance. Encouragé par un oncle peintre, (Ravi à la fleur de l’âge à 31 ans),il intègre l’Ecole supérieure des Beaux-arts d’Alger en 1993, et obtient le diplôme d’études supérieures artistiques. Il participe à plusieurs expositions nationales et internationales. En 2008, il remporte le trophée littéraire du Salon international du livre «Sila» à Alger. En 2013, il reçoit le prix international du meilleur artiste étranger, au Concours international d’art plastique de Nice, France.
En 2014, il a remporté la médaille d’argent de l’Art Council Japan et de L’Aigle de Nice international, à Saint Laurent du Var, France. Il a reçu le Prix d’honneur international Unesco du Zervas Art Club à la 5e Foire d’art de Paris.
Son travail consiste à observer et analyser l’aspect psychologique et sociologique de la société dans laquelle il opère. A la recherche du détail qui déterminera les contours successifs de ses œuvres contemporaines. Ses peintures et installations sculpturales frappent par le ton particulier qu’il donne à ses œuvres. C’est à travers ses œuvres aux formes et matériaux expressifs qu’il observe de manière critique les changements culturels et psychologiques observés dans la société et dans le monde.
Hakim Metref