Exposition : Les photos d’anciens manuscrits de la région d’Adrar au Bastion 23                                                                  

Les anciens manuscrits de la région d’Adrar sont les hôtes du palais des Raïs, Bastion 23, qui célèbre le mois du Patrimoine, qui prendra fin le 18 mai prochain. Les visiteurs peuvent y faire une belle découverte à travers une belle exposition de photographies de manuscrits qui se tient actuellement au centre des arts sous le thème «El Kalima Oua El Kalem».

Quel plaisir que de se rendre dans ce lieu qui révèle l’histoire d’une Algérie, riche par ses âllama, son savoir, ses sites, son identité et ses traditions, différentes d’une région à une autre. Dans l’enceinte de la salle d’exposition, sont accrochées les photographies. Mythiques, elles se joignent aux arcades des Ottomans comme pour dire que l’histoire aussi n’a pas de frontière. Un assortiment qui confirme cette fusion existante entre les époques. Cette collection compte une trentaine de photographies prises par Said Bouterfa, photographe et chercheur spécialisé dans la restauration et la conservation des manuscrits. Ses prises sont très révélatrices. Elles dévoilent des lieux, des pages du Saint Coran et d’anciens livres, mais aussi des manuscrits sur les anciennes pratiques cultuels. Ces écrits  ont traversé le temps et ont mis trois siècles avant d’arriver au palais des Raïs.
Les XVIIIe et le XIXe siècles se retrouvent en plein mois de Ramadhan de l’an 2022, soit au XXIe siècle, apportant quelques-uns de leurs secrets mais avec une touche de mystère. Dans la galerie, ces photos sont légendées. Il y a «Couffins et manuscrits», «Présentoir », «le Coran bleu», «Petit Coran » et tant d’autres. L’importance de la mémoire collective nationale est mise en avant. Il y a de quoi en être fier, puisque ces manuscrits arrivent tout droit des bibliothèques traditionnelles de la région du Touat, Gourara, Lemtarfa, et Tamentit. Des espaces, appelés, autrefois, «Khizanates» qui renferment de grands trésors. Seulement, la situation de ces anciens manuscrits est déplorable. Dans la galerie, l’artiste a tenu à attirer les visiteurs à sa manière. Au milieu de cette exposition, il a accroché son point de vue écrit et encadré pour sensibiliser les visiteurs et les inviter à prendre au sérieux leur patrimoine. «Il n’y a pas plus éphémère qu’un patrimoine qui se meurt», écrit Saïd Bouterfa. «La sensibilisation des populations et des propriétaires aux plus élémentaires mesures conservatoires est urgente et impérative.» L’artiste s’inquiète de l’état des manuscrits, d’où son appel, à travers ses œuvres, aux pouvoirs publics à intervenir et conserver la mémoire collective algérienne par la mise en place d’une politique globale de conservation, de l’écriture de l’histoire en général, et de l’écriture de l’histoire de la région de Touat-Gourara en particulier.
Rym Harhoura