« Famine en Algérie » de Gustave Guillaumet : Une œuvre majeure retrouve la cymaise de Cirta

Un tableau d’une grande valeur artistique vient de retrouver sa place au musée national de Constantine. Il s’agit  de la toile « Famine en Algérie » du peintre Gustave Guillaumet (1840-1887).

« Famine en Algérie », est une œuvre picturale qui décrit brillamment la famine qui a sévi en Algérie, à l’époque coloniale, entre 1865 -1868 au cours de laquelle prés du tiers de la population algérienne a péri, a  précisé Mme Chafika Bouameur Bendali-Hacine, chargée de la collection peinture et sculpture au musée Cirta, relevant que cette œuvre a été exposée en 1954 au musée Cirta (Ex-Gustave Mercier) avant d’être rangée dans la réserve des beaux arts du musée. Mme Bouameur Bendali-Hacine a ajouté que ce tableau grand format a été restauré en France entre 2017-2018, dans le cadre la rétrospective consacrée au peintre Gustave Guillaumet, organisée par des musées français, avant de le récupérer en 2019 et l’exposer au musée Cirta. Elle a souligné que Gustave Guillaumet était « le témoin singulier des  conséquences dramatiques de la colonisation » et ses oeuvres, a-t-elle soutenu illustrent non seulement sa connaissance de l’Algérie de l’époque, ses paysages et ses régions mais aussi « son empathie envers des Algériens qui vivaient sous le joug colonial ».
Des œuvres uniques dont « Bains et piscines dans les gorges du Rhumel » et « les gorges du Rhumel » du peintre Gustave Auguste Debat (1861-1940), « Femme devant la mer » de Henri Dabadie (1867-1949) et « Banc de terre neuve à New York » de Paul Jobert (1863-1942) ainsi que des mosaïques de différentes tailles, « Le triomphe de Vénus », « Le retour de la chasse », « L’Aigle de jupiter », entre autres sont exposées à la salle principale du musée public national Cirta.
Le musée national Cirta, considéré comme le deuxième plus grand en Afrique, après le musée égyptien, constitue la mémoire de la région du fait qu’il représente le passé de la région Est du pays, de la préhistoire à celle coloniale en passant par les périodes numide, romaine, hafside et  ottomane, entre autres.
Près de 17.000 pièces archéologiques, acquises grâce à des fouilles ou des  découvertes fortuites, représentant des périodes de la préhistoire à la période coloniale, sont actuellement exposées au musée Cirta qui dispose aussi d’autres réserves non exposées.
Le musée public Cirta de Constantine renferme également une collection de tableaux d’art et sculptures, réalisés entre le XVIIe et le XXe siècle, signés par les peintres Nasreddine Dinet, M’hamed Issiakhem et Amar Allalouche, entre autres.
Une action louable qui rehausse le prestige du musée de Cirta et du riche patrimoine pictural national. A quand la récupération ou la restauration des centaines d’œuvres subtilisées ou oubliées sous la poussière des caves et des dépôts.