Farouk Ksentini, président de l’ex-CNPPDH : «Il n’y a pas de régression»

Me Farouk Ksentini, avocat et président de l’ex-Commission nationale de protection et de promotion des droits de l’homme, pense, pour sa part, que les droits de l’homme en Algérie n’ont pas régressé, mais n’ont pas progressé d’une manière substantielle.

Les crises que le pays a subies ont fait que les choses se sont un peu endormies. Ce qui est sûr, dit-il, c’est qu’il existe une volonté politique de bien faire. «L’Algérie s’est engagée à se conduire en Etat de droit en toute circonstance. Ce qui constitue un progrès à souligner. Je pense que les choses vont repartir dans le bon sens, car nous avons vécu une période extraordinaire à l’occasion de laquelle des ministres et des Premiers ministres ont été jugés et emprisonnés. Ce sont des faits sans précédent qui ont durement secoué l’opinion publique. En termes de droits de l’homme, il existe d’autres priorités sur lesquelles il faut se pencher. Nous en sommes capables», lance-t-il avec optimisme.
Me Ksentini est convaincu qu’en Algérie, il existe des hommes et des femmes capables de faire avancer sérieusement les droits de l’homme. Il existe des associations et des militants qui veillent à ce que l’Etat de droit soit consacré. Cette unanimité devait nous faire avancer à une meilleure vitesse en matière des droits de l’homme, préconise-t-il. Par ailleurs, Me Ksentini confirme que le processus démocratique a évolué en Algérie. Ce qui s’est traduit dans le cadre des processus électoraux engagés ces deux dernières années. «Le respect des droits de l’homme fait la démocratie. Ce sont des questions indissociables. Les dernières élections locales ont été véritablement plus transparentes, comparées aux scrutins précédents. On considère qu’il y a un progrès considérable. Les droits politiques peuvent avancer encore. La lutte doit s’intensifier et continuer pour obtenir de meilleurs résultats», soutient-il.
Quant aux droits sociaux, l’avocat précise que les revenus pétroliers de l’Etat ont diminué de moitié pour des raisons de marché international. D’où l’augmentation des prix alimentaires et l’érosion du pouvoir d’achat. Ce à quoi s’attache le gouvernement à réparer en encourageant l’industrie pour créer des emplois et des richesses. Me Ksentini souligne, à ce titre, que les droits de l’homme demandent aussi une situation économique favorable. Il se dit rassuré puisque l’Etat fait preuve d’une volonté appréciable pour reprendre les choses en main en vue de faire progresser encore plus les droits de l’homme dans le pays.
K. A.