Fatima Arar, professeure en psychologie clinique : «Les parents doivent avoir un rôle d’apaisement et d’accompagnement»

La préparation des examens doit se faire dans un climat de «détente physique et psychique», soutient le Dr Fatima Arar, professeur de psychologie clinique à l’université d’Alger. Elle préconise une activité physique et l’écoute de la musique comme moyens de détente et de décompression avant la période des examens

Dans quelles conditions psychologiques les élèves devraient-ils affronter un examen ?
Il faut qu’il y ait une ambiance très paisible. Eloigner toute pression et stress. Il est préférable que la dernière semaine soit consacrée au repos et de détente. La marche et le sport détendent beaucoup. En somme, il faut recourir à  tout ce qui sollicite la motricité pour permettre à l’élève de se vider l’esprit, de s’apaiser et de décompresser. La musique aussi peut détendre.
Quel devrait être le rôle des parents face aux examens de leurs enfants ?
Les parents doivent avoir un rôle d’apaisement et d’accompagnement. S’ils sont convaincus que l’enfant a travaillé durant toute l’année de manière régulière, ils doivent savoir qu’il n’y a pas de raison qu’il ne réussisse pas. Si l’enfant travaille normalement durant l’année, il ne devrait pas y avoir d’inquiétudes par rapport à l’examen. Et la dernière semaine, ils peuvent prendre une pause pour sortir et s’éloigner de l’environnement studieux, se détendre et écouter de la musique.

 

Il y a une tendance actuelle des parents exerçant des pressions sur les élèves en vue de leur réussite coûte que coûte.  Qu’est-ce que vous en pensez ?
Ce sont des parents qui ont subi des pressions de leurs propres parents et reproduisent donc les mêmes pressions et stress sur leurs enfants. Alors que si ces enfants ont travaillé régulièrement, il n’y a pas de raison pour les stresser.

 

L’avenir d’un élève est-il uniquement lié à son parcours scolaire ?
La réussite est liée à la vie de manière générale et non pas aux seules études. Il faut que l’enfant et l’élève en général soit dans un environnement de vie favorable aux études mais qu’il soit aussi entouré par sa famille, ses amis, qu’il ait des loisirs en faisant du sport par exemple et en écoutant de la musique qu’il aime pour se détendre. Autrement dit, un élève doit mener une vie épanouie et ne pas uniquement se consacrer aux études au risque d’être surmené. Et sa mémoire peut aussi être surmenée par les informations alors qu’il y a des mécanismes physiologiques qui régissent le fonctionnement de cette mémoire. En ce sens que l’enfant ne peut pas concentrer un maximum d’informations à la dernière semaine des examens. C’est dangereux, car le processus d’apprentissage et d’appréhension des connaissances est bien structuré : les informations doivent être comprises et organisées pour être assimilées par le cerveau et ce, à travers le temps mais aussi avec la régularité. Et cet apprentissage des connaissances doit se faire en parallèle avec les autres aspects de la vie comme les relations familiales et amicales.
Il y a donc nécessité d’avoir un équilibre entre les études et les loisirs ?
Exactement, il faut un équilibre. Les études sont aussi importantes que l’activité physique, que les relations avec l’environnement familial et amical. Les études sont importantes mais ne doivent pas prendre le dessus sur tout.
Il faut donc un équilibre psychologique ?
Cet équilibre doit être pragmatique, en ce sens qu’il faut que la personne s’alimente de manière équilibrée, qu’elle ait des amis, un environnement familial et des activités pour lui permettre de décompresser
Entretien réalisé par Fatma Zohra Hakem