Festival de Carthage : Koumeicha reçoit le 1er prix

Le monodrame «Koumaicha», un spectacle du metteur en scène Toufik Mezaâche sur le quotidien difficile des personnes en situation de handicap, a été primé du 1er trophée au 4e Festival international du monodrame de Carthage (13-16 mai 2022), à Tunis.

Produit par le comédien Toufik Mezaâche, le monodrame «Koumeicha» diminutif de «poignée» est interprété par Nosseiba Attout, une jeune étudiante. La pièce met en exergue la volonté d’une jeune handicapée défiant les préjugés de la société. La performance de la comédienne a subjugué les organisateurs, le public tunisien ainsi que les autres participants impatients de voir à l’œuvre la comédienne faisant des planches une tribune pour plaider la cause des personnes aux besoins spécifiques, des êtres normaux comme vous et moi.
 Après une longue tournée nationale, la pièce vient d’être honorée du premier prix au Festival du monologue à Carthage (Tunis) tenu du 13 au 16 mai derniers. «Je suis très fière de représenter l’Algérie et notamment le artistes aux besoins spécifiques à ce grand Festival de Carthage», a commenté l’actrice Nosseiba Attout, qui a enflammé les feux des planches de Carthage à Tunis lors de son Festival du monodrame, dont le jury était présidé par le scénographe et metteur en scène irakien Djabar Joudi, qui comptait parmi ses membres le dramaturge et metteur en scène algérien Omar Fetmouche.
Selon le réalisateur Toufik Mezaâche, «Ce spectacle avait été sélectionné dans la catégorie « Critiques » avec trois autres monodrames algériens, ‘’Ana w sat’h’’ de Chouat Mohamed, ‘’El moukalama el maktouaâ’’ de Majdoub Mustapha et ‘’Gaâ kif kif’’ de Mourad Becheikh, en lice avec une trentaine de pièces issus d’une quinzaine de pays».  Mis en scène par Toufik Mezâache, sur un texte de Moubani Mansour et Youcef Ancer, Koumaicha (Poignée) met en scène, durant 60mn, les déboires d’une jeune femme, qui mène une vie monotone rythmée par des tâches ménagères «insolites» que sa mère lui assigne malgré son handicap. Il est produit par la Coopérative arts et culture de Sétif.Le jury de ce festival, présidé par le scénographe et metteur en scène irakien Djabar Joudi, comptait parmi ses membres le dramaturge et metteur en scène algérien Omar Fetmouche.
Très connu par ses multiples spectacles de one man show, pour Toufik Mezaâche «le one man show n’est pas fait pour faire rigoler la galerie. Un comédiendigne de ce nom est porteur d’un message. C’est un journaliste, qui doit orienter l’opinion». Dans les pièces de «Lamfartas», «Fordja», «One, two, three, viva l’Algérie», «Retard» «La Générale», il lance toujours des messages pour la société.Les innombrables contraintes générées par la crise sanitaire n’ont pas empêché ce comédien humaniste et les acteurs qui travaillent avec lui  à produire et à innover. Ainsi, les 15 jeunes comédiens de l’atelier des arts dramatiques de la maison de culture ont «transformé» la cave, un vide sanitaire de leur immeuble, en un vrai espace culturel.  L’humoriste démasque de fort belle manière le «handicap des esprits boiteux», à travers ses travaux pour les IMC, Toufik Mezaâche, fait découvrir à un public intéressé, le génie des IMC, de véritables artistes. Pas loin du théâtre, il s’intéresse également à la caméra, en réalisant un documentaire historique sur l’histoire d’El Eulma, texte de Kamel Beniaiche, le journaliste d’El Watan, intitulé «El Eulma Ayyam El Djamr»(El Eulma les jours de braise), le réalisateur dresse un portrait au vitriol de la colonisation française à la ville d’El Eulma, avec humour et ironie et un subversif et brillant montage d’archives, à l’image du film «Combien je vous aime» de feu Azzedine Meddour, en mettant l’accent sur le témoignage oculaire de l’ancienne ville d’El Eulma.
S. Djerdi