Festival DimaJazz : Une clôture en apothéose

L’Orchestre national de Barbès (ONB) et Samira Brahmia ont clôturé, dans la soirée du dimanche, le 17efestival DimaJazz, dans la salle du Zénith, pleine à craquer.

Initialement prévue la veille, l’ultime  soirée a dû être reportée en raison du deuil national décrété. Mais ni son déroulement un jour de semaine ni les examens et encore moins l’averse qui s’est abattue sur Constantine n’ont  freiné le public, venu en familles ou entre amis. L’affiche du concert avec deux noms aussi adulés et appréciés de la scène artistique algérienne valait le détour.
Le mythique orchestre, composé de ses membres fondateurs et de nouveaux visages, a permis sur scène d’obtenir un véritable melting-pot de musiques, traditions et cultures. Youcef Boukella à la basse, Fathallah Ghoggal et Khlif Miziallaoua à la guitare, Mehdi Askeur au chant et à l’accordéon, Kamel Tenfiche aux percussions, MerouaneSlimani à la batterie, Basile Thélyère à la trompette et chant, TaoufikMimouni et Arnaud Le Forestier aux claviers et Harid Bidari au guembri et au chant ont assuré un show incroyable tout au  long de la soirée. Le public, dès les premières notes de musique, s’est mis debout pour danser et reprendre  en chœur avec l’ONB leurs titres phares et reprises de musiques connues. La voix de Samira Brahmia, avec ses capacités vocales, a rehaussé le groupe de sa présence féminine, imposant le respect. Elle a dignement représenté la gente féminine, à laquelle le festival est dédié cette année. Le concert a débuté avec la chanson «Salam», en guise de premier contact avec le public après une longue période de pandémie qui a mis au ralenti la scène artistique. Les musiciens-chanteurs ont mis une ambiance de folie et contrôlé la foule enfurie du Zénith d’une manière aussi facile qu’un jeu d’enfant.
En français, en anglais et en arabe, les titres se sont enchaînés avec des rythmes et des sonorités multiples et mouvementées ayant fait se déhancher les spectateurs du début à la fin. Ni la fatigue ni le sommeil n’ont pu ralentir le public, envoûté par la musique. La soirée a été vécue comme une explosion de joie par les artistes et le public. L’on assistait plus à des retrouvailles qu’à un concert. Nulle place aux faux-semblants ou à la timidité. Qu’on sache danser ou non, personne n’est restée assise sagement, les bras croisés. Samira, avec son énergie et sa sincérité transparaissant dans sa voix et l’émotion de retrouver le public algérien, n’a pas manqué de rappeler tout l’amour qu’elle lui porte et quand bien il lui avait manqué. En  kabyle, en arabe ou en anglais, elle a génialement interprété les titres aux côtés de l’ONB. Ils collaborent ensemble depuis 20 ans et leur complicité sur scène en est témoin. La polyvalence artistique, l’énergie foisonnante et le talent étaient au rendez-vous. Diwane, chaabi, raï, musique du monde et alternative ont résonné tout au long du concert, ravissant grands et petits. Ce public qui, depuis des années, ravit les artistes tant locaux qu’internationaux grâce à leur enthousiasme et leur talent de danseurs. Et que serait un spectacle sans l’intervention des hommes de l’ombre qui mettent la lumière sur scène et font résonner la musique ?  Samira a tenu à saluer le travail des techniciens, tout en rendant hommage à l’un des premiers ingénieurs du son, décédé en 2021, Mohamed Kariche.
Ce n’est qu’un au revoir
Après avoir chanté des minutes durant «Dor biha», les artistes ont finalement quitté la salle et «le public constantinois mélomane», comme décrit lors de la conférence de presse. C’est sur des au revoir et des promesses de revenir bientôt se produire en Algérie que s’est terminée la soirée.
Le  festival aura, somme toute, relevé haut la main le défi de revenir en force après la pandémie. Comme promis, la victoire sur la pandémie a bien eu lieu, pour le plus grand plaisir du public et des artistes qui se sont conquis mutuellement.
Tout cela grâce au travail sans relâche et minutieux de l’équipe organisatrice du festival avec, à sa tête, Zohir Bouzid le commissaire, Kamel Belkacem, pour le volet communication, et Brahim à la direction technique. Mais aussi l’amour, le dévouement et la dévotion pour la musique de chacun des membres de l’équipe du festival. Un amour qui transparaît dans le travail de fourmi de chacun, dont Nadir et Samy qui n’avaient eu de cesse de s’assurer du bon déroulement du festival. DimaJazz reste  fidèle à sa  réputation et fait rayonner tant Constantine que la musique jazz et du monde. Un rendez-vous, auquel le public a déjà hâte d’assister l’année prochaine.
De notre envoyé spéciale : Sara Chaoui