Festival DimaJazz : Une édition conquérante

La 17e édition du festival international du Jazz, DimaJazz, s’est clôturée, dimanche soir au Zénith de Constantine, par un concert de l’orchestre national de Barbes (O.N.B) et de Samira Brahmia qui restera gravé dans les annales.

L’heure est alors au bilan sur le déroulement du festival, la qualité des artistes invités, l’organisation des concerts et surtout le retour du public constantinois sur cet événement annuel mettant la ville des aigles sous les feux des projecteurs. Premier festival musical à dimension internationale après la pandémie de coronavirus ayant freiné la vie culturelle en Algérie, ce festival avait la lourde responsabilité de réconcilier le public avec la scène artistique. Sa réputation le précédant, les organisateurs du festival se devaient de rester à la hauteur des 16 éditions précédentes et de leur succès ayant mené en 2007 à l’institutionnalisation du festival.
Commençant par le côté de l’organisation, le talon d’Achille des festivals en Algérie, l’équipe rodée a géré, avec un sang-froid admirable le déroulement de l’événement du début à la fin. Tant sur scène que dans les coulisses, avec les artistes ou le public, les organisateurs ont œuvré de leur mieux pour satisfaire et répondre aux attentes et besoin de tout un chacun.
Situation illustrant parfaitement cela, le deuil national décrété le jour de la clôture du festival n’a pas empêché son bon déroulement le lendemain ni même affaibli la venue du public.
Ceci a été rendu possible grâce à une expérience acquise avec le temps des organisateurs à l’image de Zohir Bouzid le commissaire du festival et de Kamel Belkacem le chargé de communication qui ont su déléguer, surveiller et mener à bien ce festival.
Les groupes d’artistes, venus de Finlande, d’Autriche, de France, de Grande-Bretagne et d’Italie, pays invité d’honneur en cette édition, ont assuré des shows incroyables.
Donnant le meilleur d’eux-mêmes sur scène, ils ont été unanimement émerveillés par la qualité et l’énergie du public constantinois. Jazz, blues, rock et chansons du monde ont résonné dans l’enceinte du Zénith à chaque soirée, rempli admirablement par des familles, des groupes d’amis et des jeunes venus se défouler après deux ans de pause. Danses endiablées, chants en chœur et effusions de joie ont ponctué toutes les soirées pour le plus grand plaisir des groupes, tous désireux de revenir se produire en Algérie à l’avenir.
La salle du Zénith, merveilleusement illuminée par les soins de l’équipe technique et sonorisée de manière professionnelle, a grandement contribué au succès des concerts. Plusieurs artistes ont d’ailleurs tenu à rendre hommage au travail des hommes de l’ombre, à comprendre les techniciens et ingénieurs, sans qui le festival n’aurait pu résonner aussi fort à Constantine.
Cette ville que les artistes ont eu l’occasion de visiter avec les explications et la bonne humeur de Nadir et Samy, deux jeunes dynamiques leur ayant montré les monts et merveilles de la ville des ponts suspendus. Ce festival fait d’ailleurs vivre, depuis presque deux décennies, l’activité économique de la région. Les petits artisans de Djouzia et distillateurs d’eau de rose et métiers ancestraux trouvent acquéreurs à leurs produits et exportent ainsi le patrimoine culturel et les traditions constantinoises à l’international.
Côté formation des jeunes, une masterclass animée par le maître du violon Kheireddine M’Kachiche, au niveau du siège de l’ONDA, dans le cadre du festival a permis aux Constantinois de profiter des précieux conseils et techniques du professionnel. Des moments forts de cette édition peuvent être cités : l’interprétation en langue arabe par l’Italienne Ilaria Pilar Patassini de la célèbre chanson du répertoire malouf «Constantinahiyaghrami» lui ayant valu une standing ovation de la part du public ou encore la superbe complicité entre Samira Brahmia et l’ONB lors du concert de clôture ayant fait danser sans répit jeunes et moins jeunes !
C’est donc une 17e édition de DimaJazz revenue en conquérante à Cirta après la pandémie. Un rendez-vous que le public a déjà hâte de retrouver l’année prochaine et qui promet encore de surprendre plus d’une personne !
Sarra Chaoui