Fête de la Victoire : Djazairouna, un spectacle chorégraphique époustouflant 

L’importance du 19 mars 1962 est enracinée dans la conscience de chaque Algérien et Algérienne, une date qui inspire un sentiment de fierté de la victoire. Pour marquer cette glorieuse date, l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih, a organisé, samedi, un spectacle nommé « Djazairouna », (notre Algérie), en hommage aux vaillants moudjahidines, en reconnaissance de leurs sacrifices pour l’indépendance et la dignité.

Djazairouna, un spectacle de danse patriotique a été remarquablement présenté dans le cadre de la célébration du 60e anniversaire de la fête de la victoire. Ce spectacle a réuni dans un tableau saisissant  le Corps du Ballet de l’Opéra d’Alger. En ce samedi pluvieux,  un public peu nombreux mais de qualité a afflué pour assister à ce spectacle narratif, qui n’est pas à sa générale. En effet, il a déjà été présenté l’an dernier, à l’occasion de la célébration du 67ème anniversaire du déclenchement de la Guerre de libération nationale.
Le spectacle est amorcé par un discours narratif sur les différentes étapes de la guerre de libération nationale. Du mouvement, des costumes, de la mimique, des slaves de youyous, des « tahia El Djazaïr » et beaucoup de messages. Des pièces successives et marquantes, appuyées par un éclairage étudié notamment des couleurs vives qui épouse parfaitement le répertoire joué par une quarantaine de danseurs.   La beauté et le charme des mouvements fluides comptent beaucoup dans ce spectacle narratif.
Ce même spectacle est mené d’une main de maître par le maestro Lotfi Saidi et le chef de chœur Zohir Mazari. Ces derniers ont interprété un répertoire riche et varié,  évoquant la patrie, les martyrs et la célébration de l’indépendance. L’histoire gravite autour des événements de jeunes étudiants qui ont quitté leurs études et ont rejoint le Front de libération nationale et ont lutté pour l’amour de la patrie. Le clou de ce spectacle, c’est indubitablement le passage d’un duo de danseurs, renvoyant à l’amour entre le martyr Taleb Abderrahmane et sa fiancée. Une idylle presque parfaite. Cependant interrompue pour le combat libérateur.
Côté technique, le spectacle a été admirablement mis en scène par Fatma Zohra Namous Senouci. La scénographie signée par Moussa Noun, Salim Souhali pour la bande son, Zoubida Setti pour les costumes, et Assia Belhadi Seghir, assistante de la metteure en scène, chargée des répétitions.
Taleb Abderrahmane, le chimiste de la révolution
Le rôle principal est superbement campé par le jeune Ayoub Belmahal Nasrallah. Il avait interprété le rôle du jeune martyr Taleb Abderrahmane, réputé pour être le chimiste de la glorieuse Révolution, exécuté à la guillotine à l’aube du 24 avril 1958, avait terrorisé la France coloniale par son génie et son engagement sans faille pour l’indépendance de l’Algérie. Taleb Abderrahmane avait suivi, pendant deux ans des études de médecine à la faculté d’Alger, mais sa passion pour la chimie l’a amené à se spécialiser dans ce créneau. Il a ainsi opté pour cette spécialité afin de pouvoir fabriquer des bombes et des explosifs pour l’ALN.
Passionné de chimie, ce natif de la Casbah dont les parents sont originaires de Mizrana (Tigzirt, Tizi-Ouzou), a également appris la langue allemande afin de pouvoir analyser les expériences du père des fusées V2, l’Allemand Vernher Von Braun, lequel a fabriqué les premières véritables fusées militaires, d’une portée de 350 km et atteignant la vitesse de 5800 km/h. Des fusées ayant servi à bombarder Londres durant la 2ème Guerre mondiale.
 Une fin en apothéose
Le spectacle se termine avec la voix historique de Aissa Messaoudi (1931-1994), annonçant l’imminence de l’indépendance de l’Algérie, le célèbre tube de M’hamed El Anka «  El hamdoulilah mab9ach isti3mar fi bladna » et l’Hymne national dans sa version musique. Le spectacle reste sans aucun doute gravé dans la mémoire de l’assistance. Les membres de ce spectacle ont réussi à faire vibrer, durant une heure et quinze minutes, une assistance constituée en majorité de jeunes et des familles amoureux de  la culture et de la créativité dans toute sa splendeur.  C’est le cas de Thamila qui n’a pas regretté d’accompagner ses parents, surtout qu’au début, elle était contre d’assister à ce spectacle. « J’ai refusé en bloc de venir à ce spectacle, surtout que maman m’a informé qu’il s’agit d’un spectacle qui traite de l’histoire. Mais j’avoue être agréablement surprise par la qualité de ce travail. »
Un habitué de l’opéra d’Alger suggère de présenter ce spectacle en ouverture officielle des jeux méditerranéens d’Oran. «  C’est un spectacle digne d’être représenté en Algérie et à l’étranger. Il est vraiment bien fait.  »
Se voulant reconnaissant par cette nouvelle création, Camélia est une admiratrice du travail et parcours de la directrice de l’opéra d’Alger, elle a félicité l’ensemble des artistes ayant participé à ce spectacle. «  Chapeau bas l’équipe, c’est un excellent travail ! »
Samira Sidhoum