Flambée des prix des viandes rouges : Henni met en garde les spéculateurs

Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, a mis en garde, ce samedi à Alger, contre la spéculation qui sévit dans le secteur des viandes rouges, affirmant que l’augmentation des prix sur le marché national, ces derniers jours, « n’est pas du tout justifiée ». 
Le ministre Henni, qui participait à la célébration du 48e anniversaire de la création de l’Union nationale des paysans algériens (Unpa), à l’Inraa d’El Harrach, a assuré que les aliments de bétail, notamment le soja et le maïs, sont disponibles en quantités suffisantes et leur prix n’ont connu aucun augmentation, ni sur le marché national, ni à l’international. « Ces augmentations de prix sont inacceptables, d’autant que l’intervention de l’Etat a permis aux éleveurs de bénéficier de nombreuses subventions », a affirmé le ministre, précisant que les autorités publiques se verront dans l’obligation d’intervenir, sous quinzaine, « pour réguler les prix et mettre un terme à cette situation qui menace de détruire toute la filière ». S’agissant du recensement du cheptel, le ministre a fait savoir que l’opération a déjà commencé et permettra de connaître la situation exacte des ressources animales et du nombre précis des éleveurs. Une autre opération de recensement concernera aussi les périmètres irrigués destinés à la céréaliculture, avec « le recours aux technologies de pointes telles que les satellites et les drones » a ajouté le ministre. Et d’indiquer, pour ce qui est de la saison labours-semailles 2022 – 2023, que la superficie qui y est consacrée pour cette année est de 3 millions d’hectares au minimum.
Le ministre n’a pas manqué de rappeler les décisions prises par le président Tebboune pour encourager et soutenir le secteur agricole, notamment la filière des céréales. Il citera, entre autres, la révision à la hausse du soutien des engrais à hauteur de 50% au lieu de 20%, l’autorisation de l’importation du matériel agricole et des tracteurs de moins de cinq ans et l’augmentation des prix d’achat de céréales auprès des producteurs. Globalement, le ministre de l’Agriculture s’est dit satisfait des progrès réalisés par son secteur, « d’autant qu’il est parvenu, cette année, 75% les besoins alimentaires au niveau national ».
4 million d’hectares de terres agricoles irriguées
Notons que cette journée de célébration, placée sous le slogan «notre sécurité alimentaire garant de notre souveraineté nationale », a vu la participation des ministres de l’Energie et des mines, Mohamed Arkab, des Travaux publics, de l’Hydraulique et des Infrastructures de base, Lakhdar Rekhroukh, des Moudjahidines et des Ayants droit, Laïd Rebiga, de la Pêche et des Productions halieutiques, Hicham Salaouatchi, de l’Intérieur et des collectivités locales, Brahim Merad, ainsi que de la ministre de l’Environnement Samia Moualfi.
S’agissant de l’irrigation, Lakhdar Rekhrouk a fait savoir que l’agriculture absorbe annuellement près de 70% de l’ensemble des volumes d’eau consommés au niveau national, avec 1,4 million d’hectares de terres agricoles irriguées, représentant 45 grands périmètres. Il précisera que « des programmes ont été lancés, afin d’améliorer, à court termes, les capacités et les techniques d’irrigation, comme le goutte-à-goutte et les pivots ». Pour sa part, Samia Moualfi est revenu sur « l’agriculture durable en Algérie comme étant un défi à relever » afin de mieux produire, tout en veillant à réduire les impacts sur l’environnement.
De son côté, Hicham Salaouatchi a affirmé que le secteur de la Pêche contribue, lui aussi, à « la consolidation de la sécurité alimentaire du pays » et que son département a engagé des programmes, en cours de réalisation, visant à promouvoir l’activité de la pêche et de l’aquaculture, mais aussi à réorganiser ce métier à travers la création de plusieurs coopératives ».
Lyes Mechti