Foncier, accompagnement bancaire et bureaucratie : Les contraintes des entrepreneurs

Le président du Syndicat national du patronat du BTPH (bâtiment, travaux publics et hydraulique), Maâmar Djellal Serandi, affirme que le foncier industriel, la bureaucratie, les réticences en termes d’accompagnement bancaire et le recul de la commande publique en matière d’investissement dans les infrastructures, notamment dans le secteur du BTPH, sont les contraintes auxquelles fait actuellement face l’entrepreneur.

Toutefois, il indique que la situation est susceptible d’évoluer positivement, si l’on prend en référence les réformes préconisées par les pouvoirs publiques et les mesures déjà prises pour débloquer des investissements, restés des années durant dans les tiroirs de l’administration. «L’une des plus grandes contraintes freinant l’acte d’investissement est l’indisponibilité du foncier. Un problème qu’on souhaite régler, grâce notamment aux mesures préconisées par les hautes autorités», espère le président du Syndicat du patronat du BTPH. Néanmoins, ce dernier met l’accent sur un constat qu’il juge handicapant et que les pouvoirs publics doivent prendre à bras le corps. «Des fois, pour les besoins de réalisation d’un projet, ce dernier nécessite une assiette de 10.000 m2. Or, on affecte à l’investisseur que le dixième de la surface évaluée dans l’étude du projet. Résultat, l’opérateur est résigné à accepter l’offre, tout en espérant bénéficier d’une superficie additive pour réaliser son projet. C’est vous dire l’acuité de ce problème», cite-t-il en exemple. Et d’ajouter : «Il faut à mon sens rectifier ces anomalies afin d’assainir toutes les contraintes. Ceci ne peut se réaliser sans une numérisation intégrale pour avoir un tableau de bord clair que ce soit en termes de disponibilité du portefeuille foncier dans toutes les wilayas, les assiettes qui ne sont pas encore exploitées pour les assainir, mais aussi pour mettre en place une plateforme des entrepreneurs et opérateurs ayant déposé un dossier d’investissement détaillé pour obtenir une concession.»
Réorganisation
Il s’agit, selon lui, de réorganiser la gestion du foncier industriel, suivant une approche prenant en compte la consistance et la rentabilité du projet, les spécificités socioéconomiques de chaque région et wilaya. «Présentement, il y a une volonté des pouvoirs publics de promouvoir la filière de la construction et de la réparation navales. Pour nous, il est impensable d’installer les chantiers loin du littoral, comme il existe des projets dans d’autres secteurs d’activité qui sont porteurs et ont l’opportunité d’aboutir à l’intérieur du pays», fait-il remarquer. Avec les réformes préconisées pour garantir une gestion éminemment économique de ce dossier, loin de toute entrave bureaucratique, Maâmar Djellal Serandi se dit plus optimiste quant à la relance des investissements. «L’autre contrainte majeure est liée à l’accompagnement bancaire. En 2020, le président de la République a fait un constat réaliste en disant que les banques doivent sortir de la logique du guichet pour être un acteur essentiel dans l’acte d’investir», fait-il rappeler. Et d’ajouter : «En effet, les banques affichent une certaine fébrilité à octroyer des lignes de crédit dans le cadre de l’investissement. A mon avis, elles doivent être plus entreprenantes et alléger les procédures dans la limite bien sûr de la règle gagnant-gagnant pour booster l’investissement, car ce n’est pas les opportunités porteuses qui manquent dans notre pays, car sans le concours bancaire, il n’est pas facile de relancer l’investissement.» S’agissant du BTPH, le même vis-à-vis dévoile qu’un tiers des entrepreneurs exerçant dans ce secteur ont mis la clef sous le paillasson. «Quand le bâtiment va, tout va. Sans relance économique, ce créneau risque de péricliter davantage et les conséquences de cette contraction sont lourdes, dès lors que chaque entreprise emploie en moyenne entre 10 et 50 employés et tant d’autres d’emplois indirects. Avec une relance économique, la commande publique augmentera automatiquement, au grand soulagement des entrepreneurs du BTPH», explique-t-il.
Amirouche Lebbal