Forum de la mémoire :«L’Algérie était déjà une nation citoyenne»

«L’Algérie était un Etat malgré le déni du colonisateur français de reconnaître cette vérité», a souligné l’historien Amar Belkhodja, lors d’une intervention au forum de la mémoire du quotidien El Moudjahid, à Alger.
La conférence historique a été organisée conjointement entre le quotidien El Moudjahid et l’association Machaâl Echahid, placée sous le thème «Mémoire et citoyenneté». Amar Belkhodja, qui avait rappelé que l’Emir Abdelkader avait été précurseur dans l’établissement des fondements des droits de l’homme et des prisonniers, était appelé «Abdelkader El Djazaïri», ce qui fait directement référence à son appartenance à l’Algérie en tant que pays et nation. «Le colonisateur a voulu instaurer l’idée d’une nation désunie, donnant les noms de régence et de tribus à nos régions tandis qu’elles étaient déjà unies», martèle l’intervenant. Selon lui, les concepts de citoyenneté et de nation sont des définitions qui se rapportent à la conviction d’appartenance à une nation, de partager des valeurs et des mœurs, et de se sentir appartenir à cette terre. «Des valeurs qui étaient d’ores et déjà très ancrées en chacun à l’époque. Le concept de citoyenneté algérienne existait alors bien durant l’époque coloniale, malgré les vaines tentatives trompeuses du colonisateur», a-t-il poursuivi. De son côté, Ameur Rekhila, chercheur en histoire, a épilogué sur la dimension révolutionnaire et son importance dans la constitution de la citoyenneté de notre nation. Rekhila survolera bien des haltes et événements historiques, notamment la Bataille d’Alger, pour en tirer cette dimension consubstantielle de la mémoire et de la citoyenneté algérienne.
Le moudjahid Aïssa Kasmi estime que la citoyenneté est un droit fondamental. Il fera, par la suite, le rapprochement entre droits constitutionnels et devoirs envers sa nation. «Un lien qui unit un citoyen à sa patrie. Le sentiment d’appartenance, de jouir de droits mais également de redevances à travers des devoirs. Tous ces concepts définissent la citoyenneté et la nation. Des définitions qui ne sont pas étrangères à l’Algérie du temps du colonialisme», a-t-il conclu.
 Walid Souahi