Forum international de la femme : Le sursaut des business women

Les travaux du Forum international de la femme (FIF), organisé par la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), ont débuté, ce samedi au Centre international des conférences d’Alger.

La première édition du Forum, qui prend fin ce dimanche, se tient sous le haut parrainage du président de République, Abdelmadjid Tebboune.  Présidée par la première responsable du CGEA, Saïda Neghza, la rencontre a vu la participation de ministres et de personnalités politiques et diplomatiques. Dans une allocution lue en son nom par la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Kaoutar Krikou, le Premier ministre Aïmene Abderrahmane a indiqué que «la femme algérienne a apposé son empreinte dans l’histoire», qualifiant le Forum de lieu de créativité qui permet à la femme de se frayer un chemin dans le monde du business.
«Des changements positifs traduisent les avancées de l’Algérie nouvelle, notamment en matière de consécration de l’égalité homme-femme, tout en luttant contre le phénomène de la violence à l’égard des femmes», a assuré le Premier ministre. Dans ce sillage, il souligne la révision de la Constitution en date du 1er novembre 2020, qui renferme un ensemble d’axes qui visent à consacrer le principe de l’Etat moderne et à édifier l’Algérie nouvelle, lesquels constituent l’un des engagements les plus importants que le Président Tebboune a tenu à concrétiser. Benabderrahmane a précisé que « l’Etat algérien attache une importance constante à la promotion de la place de la femme dans tous les domaines, en renforçant sa présence au centre des différentes stratégies et programmes, aux côtés de l’homme, car étant un vivier de l’élément humain sur lequel l’on mise pour le développement du pays ». Il a en outre indiqué que 62% des étudiants universitaires sont des femmes, soulignant à ce propos la forte présence de la femme dans l’administration publique avec 900.000 fonctionnaires, soit 41% du nombre global des fonctionnaires. De plus, 21.500 fonctionnaires dans les administrations publiques occupent des postes supérieurs, dont 1209 sont nommées aux fonctions supérieures de l’Etat, a-t-il fait savoir
Rôle prépondérant
Saïda Neghza, PDG du groupe Soralcof et présidente de la CGEA, organisatrice du Forum, a mis l’accent sur le rôle prépondérant de la femme dans la société algérienne. «Elle a réussi à s’imposer dans tous les domaines, auparavant réservés à l’homme, à l’instar du bâtiment et de la gestion des entreprises économiques, mais également le monde des affaires», dit-elle, précisant qu’«un grand nombre de femmes ont réussi dans la gestion des entreprises économiques et la politique».
3.000 femmes d’affaires au rendez-vous
Il y a lieu de noter que près 3.000 femmes algériennes chefs d’entreprise et porteuses de projet, en plus de 200 femmes chefs de projet venues de plusieurs pays étrangers, prennent part à la manifestation. Des débats et des conférences sont prévus au cours des deux jours, portant notamment sur des thématiques liées à «la contribution de la femme algérienne dans le développement de l’économie nationale». Les représentantes de plusieurs organisations patronales féminines ont participé à cet évènement, en exposant l’expérience de leur organisation et leurs perspectives d’avenir.
« Les disparités entre les deux sexes sont notables »
La vice-présidente du conseil national économique, social et environnemental ( CNESE, Hasna Amina Messaid, a, jugé  que «les disparités entre les deux sexes sont notables dans le monde du travail».
 «Elles sont plus nombreuses que les hommes dans les universités, mais sur le marché du travail, elles ont moins de chances de décrocher un poste, particulièrement de responsabilité», a souligné hier la responsable lors  des travaux du Forum international de la femme. Se basant sur des études réalisées dernièrement, elle a, en effet, regretté la discrimination persistante dans le monde professionnel, malgré les compétences avérées des femmes. De son avis, ces discriminations doivent être prises en considération, si nous voulons renforcer le rôle de la femme dans le développement économique. Elle indique, dans le même contexte, que le taux de chômage est très important chez les femmes, particulièrement les universitaires, ajoutant que celles-ci rencontrent plus de contraintes lorsqu’elles se décident à se lancer dans l’entrepreneuriat. «Un problème qui va faire l’objet des débats programmés au cours du Forum», annonce la
vice-présidente du CNESE. En conclusion, Hasna Amina Messaid indique que «des changements s’opèrent lentement dans la société algérienne, cependant, les inégalités persistent, notamment dans la gouvernance des entreprises». En 2021, «on compte 5% seulement de femmes qui occupent le poste de directrice générale et 18% de chef d’entreprise», fait-elle savoir, estimant que «ce sont des taux très faibles».
Samira Azzegag