Forum sur la prévention de la toxicomanie : Le rôle déterminant des institutions éducatives

Les spécialistes en droit, psychologie et sécurité, ayant participé au 2e Forum national sur les mesures préventives et curatives pour les toxicomanes, qui s’est tenu à l’Université de Blida 2, sont sortis avec une série de recommandations, qui contribueront à juguler le fléau de la drogue.

Ils étaient unanimes à dire, lors de leurs différentes interventions, que le jeune toxicomane reste une victime. Soit une question posée par le spécialiste en psychologie de l’éducation, le professeur Abdelaziz Bousalem, pour qui, il est impératif de savoir si réellement le consommateur de drogue est victime ou coupable. Selon lui, combattre le fléau dépend aussi du rôle que jouent les institutions éducatives où l’enfant fait ses premiers pas vers le monde extérieur. Pour le spécialiste, ce qui est relevé sur le terrain renseigne sur le véritable échec du système éducatif qui n’a pas pu donner à l’enfant la compétence et n’a pas contribué à renforcer sa personnalité, en lui inculquant la protection et la vigilance face à ce fléau.            

Quant à la deuxième question soulevée par le même spécialiste est le développement d’une stratégie éducative nationale qui permet de prévoir chez certains jeunes leur penchant ou détecte chez eux le profil de quelqu’un qui peut virer. Il recommande à ce que le programme scolaire ne se focalise pas uniquement sur l’aspect scientifique, mais aussi sur la construction de la personnalité dans sa dimension affective qui permet à l’enfant d’acquérir une certaine vigueur pour se protéger et faire face à ce fléau. Pour lui, le jeune consommateur de drogue n’est pas forcément «coupable», mais plutôt «victime» d’une institution éducative qui n’a pas joué correctement son rôle.                                                              

Pour sa part, le professeur Driss Nabil, spécialiste en sciences politiques et  relations internationales, a confirmé que le législateur algérien, face à la propagation du fléau de la drogue et son impact sur la société et l’aspect économique, a cherché à promulguer une loi pour lutter contre les délits liés à la drogue, dont la plus importante est la loi 18/04 du 25 décembre 2004, qui a mis fin au phénomène par un texte législatif sévère. Il explique que le texte en question s’est intéressé à l’aspect préventif, bien que le problème ne réside pas dans l’aspect législatif, mais dans les institutions éducatives qui ne jouent pas leur rôle comme elles le devraient, d’autant plus que le système judiciaire est complet et englobe tout.                                                                            

«L’Ecole, la mosquée, la famille, en plus des institutions spécialisées, sont appelées à jouer leur rôle de soutien au système judiciaire, pour limiter  le phénomène», dit-il. En termes de chiffres, un représentant de la sûreté de wilaya de Blida, le lieutenant Abdelhafid Mekahlia, a avancé qu’au cours de l’année 2021, les services concernés ont saisi 127 kg et plus de 600 g de diverses drogues. Les mêmes services ont confisqué des drogues dures, soit 73,23 g de cocaïne, et 1,79 g d’héroïne et 1,47 g de crack. Ces opérations menées par les services de la sûreté de wilaya de Blida s’inscrivent dans le cadre de la préservation de la vie des personnes et de la lutte contre toutes les formes de crimes commis sous l’emprise de la drogue. «Des efforts sont toujours consentis pour lutter contre tous les types de réseaux criminels, dont le dernier en date est le réseau actif dans la région urbaine de Blida et spécialisé dans la vente et la promotion des substances psychotropes», fait-il savoir.                   

Sur les types de drogues qui sont le plus consommées par les jeunes, il indique qu’en  se référant aux statistiques, les pilules hallucinogènes ou les substances psychotropes sont les plus sollicitées et les plus commercialisées, notamment parmi les écoliers. «Le milieu éducatif est  le plus ciblé par les trafiquants de drogue, d’où l’importance des parents dans la communication et l’accompagnement de leurs enfants», indique le lieutenant.

Rym Harhoura