Forum sur l’agriculture et agroalimentaire : Djerad appelle les opérateurs à créer des antennes au niveau des marchés étrangers

 

Le Premier ministre a souligné l’importance de mettre les jalons d’un nouveau modèle agricole qui se veut être «moderne et développé consacrant le principe du développement durable et équilibré à toutes les régions du pays, et ce, pour assurer la sécurité alimentaire du pays».

Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a rappelé, ce lundi, que le secteur de l’agriculture a besoin d’un investissement fort pour qu’il puisse participer à la relance économique. S’exprimant à l’ouverture des travaux du Forum sur l’investissement agricole et agroalimentaire, organisé au Centre international des conférences à Alger sous le thème «l’investissement, levier de la croissance agricole et agroalimentaire», il a appelé les opérateurs économiques et investisseurs à s’inscrire dans cette optique. M. Djerad a insisté sur la promotion, de manière effective, des filières stratégiques (céréalière, sucrière, oléagineuse) en vue d’alléger les charges relatives à l’importation et les dépenses qui pèsent  «lourd» sur le Trésor public. Il a mis l’accent sur l’impératif de finaliser «dans les plus brefs délais la loi d’orientation agricole qui fera office d’un référentiel pour ce secteur dynamique».
En présence des membres du gouvernement, des opérateurs économiques et investisseurs, le Premier ministre a souligné que ce forum a pour objectif «d’apporter un nouveau souffle au secteur de l’agriculture qui connaît déjà une grande dynamique et à travers lequel nous voulons insister sur les priorités tracées dans le cadre du programme du Président de la République qui a placé l’agriculture comme un choix stratégique, eu égard à son impact positif sur les plans social et économique». M. Djerad a souligné l’importance de mettre les jalons d’un nouveau modèle agricole qui se veut être «moderne et développé consacrant le principe du développement durable et équilibré à toutes les régions du pays, et ce, pour assurer la sécurité alimentaire du pays». Et d’assurer que «le gouvernement s’engage à poursuivre ses efforts pour le développement de ce secteur par une approche qui prône l’efficacité dans la gestion, mettant en avant l’innovation, la connaissance et le numérique en impliquant les centres de recherches, les start-up. Tout en soulignant que cette rencontre s’inscrit dans le cadre du suivi de l’application des directives du chef de l’État, le Premier ministre a souligné que les avancées du secteur sont indéniables, précisant que son apport au produit intérieur brut s’élève à 12,4% avec une valeur productive de 25 milliards de dollars en 2020 contre 23 milliards durant l’exercice précédent.
Hommage aux agriculteurs
«Nous avons réalisé des progrès importants malgré les conditions difficiles qu’a connues le pays du fait de la crise sanitaire», a-t-il rappelé, en rendant un vibrant hommage aux agriculteurs. «Nous avons tous relevé comment le secteur de l’agriculture a contribué dans la lutte contre la pandémie en assurant les produits agricoles essentiels. Nos agriculteurs ont été à la hauteur en approvisionnant l’ensemble des marchés nationaux et en quantités suffisantes», a-t-il précisé, ajoutant que le secteur est pourvoyeur de plus de 2,5 millions d’emplois directs. Autres résultats des efforts consentis: la rationalisation des dépenses publiques à travers la baisse de la facturation des importations des produits alimentaires de plus de 10 milliards de dollars. M. Djerad a soutenu que le gouvernement œuvre à produire 50% des besoins nationaux en huiles alimentaires dont le soja ,l’huile d’argan et d’autres intrants entrant dans l’industrie de la transformation, tout en insistant sur l’accélération du raccordement des espaces agricoles et tout projet d’investissement à vocation agricole au réseau de l’électrique et à l’alimentation en eau. Dans ce but, Le Premier ministre a précisé que 62.000 exploitations ont été recensées jusqu’à présent, dont 28.000 dans le sud, citant également l’extension des superficies irriguées en se basant sur des techniques d’irrigation moderne pour augmenter la production céréalière avec l’objectif de limiter progressivement l’importation de ce produit stratégique. M. Djerad a fait part de l’extension de plus de 20.000 hectares à travers 33 wilayas et le déploiement des mesures de facilitation pour l’octroi des autorisations pour le forage des puits.
M. Djerad a également insisté sur la mise en place d’une politique nationale de stockage, «pour remédier aux dysfonctionnement de la commercialisation et assurer la sécurité de protection des agriculteurs». A cette occasion, il a fait savoir que le secteur a inscrit la réalisation de 13 projets de chambres froides d’une capacité de 158.000m3 répartis sur plusieurs régions du pays pour «une meilleure gestion de l’excédent de la production agricole». Des instructions ont été, en outre, données pour l’octroi des facilités à travers la création d’un guichet unique au niveau des mutuelles des filières céréalière et des légumes secs.
Assainir le foncier agricole pour une meilleure exploitation
L’évaluation de la situation du foncier agricole dans toutes les wilayas et la régularisation du cadre réglementaire des terres agricoles pour une meilleure exploitation ont été également soulignés par le Premier ministre, qui a mis l’accent sur l’impératif de procéder à une rupture avec les anciennes pratiques et la lutte contre toute forme de bureaucratie en adoptant des mesures de gestion faciles et modernes. «L’assainissement du foncier agricole se poursuivra pour mettre un terme à la spéculation et rationaliser son exploitation par des vrais investisseurs», a-t-il précisé.
Le Premier ministre a également mis en relief les réformes introduites dans le secteurs, à l’image de celle qui a touché le cadre législatif et réglementaire relatif à la création des mutuelles agricoles, la poursuite de l’élaboration des lois-cadres pour la richesse forestière et la protection des terres agricoles. A noter également la diminution notable des importations de la semence de pomme de terre passant de 92.000 tonnes, en 2019, à 21.000 t, en 2020. C’est ce qui a permis, selon lui, d’encourager la production locale des semences et la généralisation de leur utilisation à travers 80% des superficies agricoles.
Le Premier ministre a souligné que des mesures incitatives sont mises en place pour encourager les investisseurs à développer l’industrie de transformation agricole soulignant que l’accompagnement financier atteindra jusqu’à 90% du montant de l’investissement. Des efforts sont déployés pour encourager les agriculteurs à améliorer la qualité de leur production et sa valorisation à travers le  développement de l’agro-alimentaire dans la perspective d’accroître les volumes d’exportation. «Nous voulons une production diversifiée, de qualité et importante en quantité qui réponde aux normes internationales», a-t-il insisté. L’objectif, a souligné M. Djerad est d’accroître la production agricole dans les régions montagneuses, dans les Hauts Plateaux ainsi que dans les régions sahariennes et ce, à travers l’implication des chercheurs et des ingénieurs. Par ailleurs, le Premier ministre a appelé les opérateurs du secteur agricole à établir des antennes à l’étranger, notamment dans les pays voisins afin de pouvoir commercialiser leurs produits à l’étranger. Il a insisté «sur l’intérêt pour les producteurs nationaux de respecter les normes internationales des produits agricoles» pour que ces produits puissent accéder aux marchés mondiaux, soulignant pour cela, la nécessité d’encadrer la chaîne logistique dans le but de faciliter l’opération d’export. Il a mis l’accent sur la nécessité d’adapter les types de culture à la nature du sol afin d’éviter les pertes de rendement. Il a, aussi, souligné l’impératif de développer les mutuelles agricoles et de réformer la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA) pour un meilleur accès à l’agriculteur et l’amélioration des délais de remboursement.
Wassila Ould Hamouda