Fouzia Laradi, présidente du bureau de la poésie de la wilaya d’Alger : «Il faut appuyer ce mode littéraire et artistique incontestable»

La nouvelle présidente du bureau de la poésie de la wilaya d’Alger, Fouzia Laradi, appelle au changement et à la collaboration entre les membres pour un meilleur rendement sur le terrain.
La poétesse fait part de son attachement à l’établissement Art et culture, où elle active depuis plus de 20 ans,  d’où la mise en place d’un club de la « poésie », pour aider les jeunes talents à développer leur style, en plus de la programmation continue de soirées dédiée à la poésie. Evoquant son expérience dans le domaine de la poésie, elle évoque ses principaux rendez-vous, à savoir « Nachat el Ithnayn » (l’activité du lundi)  et « Erbiâa el kalima » (le mercredi du mot), qui ont repris juste après la crise sanitaire et pandémique. Selon la poétesse, ces deux rendez-vous « marquants » ont permis la découverte de beaucoup de poètes. «Les grands poètes sont eux aussi invités à participer à nos rencontres, ils sont un modèle pour les jeunes, avec lesquels ils peuvent échanger leurs avis et sur leur méthode de travail», dit-elle.
Fouzia Laradi se félicite aussi de l’espace Bachir Mentouri, dédié aux artistes, poètes et écrivains. «Nos espaces sont grands ouverts aux jeunes qui sont encore au début de leur carrière littéraire et artistique, nous les encourageons et nous sommes là pour les orienter», rassure la poétesse. Pour elle, le ministère de la Culture et des Arts doit dégager des moyens pour mieux gérer ce créneau.
Par ailleurs, l’importance de la solidarité et de la protection des grands artistes et écrivains fait partie des plans du bureau de la poésie de la wilaya d’Alger. Pour sa responsable, c’est grâce aux poètes de l’ensemble du territoire national que cet art résiste à l’ère de la technologie. «La poésie reste l’expression d’une réalité, même si, parfois, certains faits sont modifiés pour redonner espoir», fait-elle savoir. Raison pour laquelle plusieurs soirées dédiées à la poésie sont au programme dans les différentes régions du pays. Elles sont ouvertes au public, pour discuter des difficultés rencontrées. «Le poète souffre, lui aussi, d’où la mission des différentes institutions culturelles, qui doivent prendre en charge les doléances des artistes, les appuyer financièrement, ouvrir plus de clubs et organiser des rencontres de poésie», recommande la même responsable. «Le poète doit trouver un moyen sûr pour transmettre son talent et faire connaitre ses œuvres artistiques et littéraires», ajoute-t-elle.
Selon la poétesse, même l’espace bleu (facebook) a contribué un tant soit peu à faire connaitre certains artistes et poètes, qui publient et font des échanges. Fouzia Laradi propose la mise en place d’espaces scientifiques dédiés aux activités littéraires et artistiques, notamment la poésie et, pourquoi pas, engager des études, des recherches et des critiques. Pour elle, il est possible de changer la situation de la poésie en Algérie, à condition que tout le monde travaille de concert pour la réussite du moindre projet.
Passionnée de livre, celle-ci a créé sa propre maison d’édition « El Fayrouz » gérée par sa sœur. Mais comme le livre n’est pas un projet rentable, elle est contrainte de coéditer avec les auteurs, notamment les poètes. Dans un message adressé aux parents, elle souligne l’importance d’inculquer la lecture aux enfants. «La lecture engendre une génération équilibrée, dotée d’une beauté intérieure et psychologiquement stable», note la poétesse.
Pour ce qui est de sa dernière œuvre « Kamel, el madi oua el khaled », elle l’a dédiée à son défunt mari, décédé en 2018. «Ce fut terrible, mais j’ai réussi quand même à partager et à gérer mes émotions, pour surpasser cette dure épreuve», confie Fouzia Laradi. Ce recueil comprend un total de 18 poésies en langue arabe, française, et même en dialecte algérois.Un autre recueil de poésie est en cours de réalisation, de même que quelques petites histoires dans les deux langues (arabe et français).
Rym Harhoura