Fusillade dans une école du Texas : Les États-Unis sous le choc

Une fusillade dans une école  du Texas, qui a fait 21 morts, mardi, a replongé les États-Unis  dans le cauchemar chronique qui suit ce type de drame.

Des images choquantes d’élèves  traumatisés, obligés de se confiner dans leur classe avant d’être évacués par les forces de l’ordre et de parents paniqués cherchant désespérément à avoir des nouvelles de leurs enfants. La Maison-Blanche a ordonné la mise en berne des drapeaux dans tous les bâtiments publics pour «honorer les victimes» d’Uvalde.
Un adolescent de 18 ans a ouvert le feu dans une école primaire de cette ville située au Texas, tuant 19 jeunes élèves âgés d’une dizaine d’années tout au plus et deux enseignants.  Identifié comme Salvador Ramos, il a été tué par la police, ont indiqué des responsables du Département texan de la sécurité publique. Plus d’une douzaine d’enfants ont aussi été blessés, selon les informations transmises par des hôpitaux texans.
Salvador Ramos, de nationalité américaine, aurait d’abord visé sa grand-mère, dont l’état de santé restait à préciser, avant de se rendre à l’école en voiture pour y perpétrer son massacre. Les mobiles de cette attaque, l’une des pires dans une école depuis des années, restent pour l’instant inconnus.
Le drame rappelle celui de l’école primaire de Sandy Hook, dans le Connecticut, où un déséquilibré âgé de 20 ans avait tué 26 personnes, dont vingt enfants âgés de 6 et 7 ans, avant de se suicider. L’Amérique avait aussi été particulièrement marquée par une fusillade dans un lycée de Parkland, en Floride, qui avait fait 17 morts, dont une majorité d’adolescents, en 2018.
 Cette nouvelle tuerie a relancé les critiques sur la prolifération des armes à feu aux États-Unis, un débat qui tourne pratiquement à vide étant donné l’absence d’espoir d’une adoption par le Congrès d’une loi nationale ambitieuse sur la question.
«Il est temps de transformer la douleur en action», a réagi le président américain, Joe Biden, dans une allocution solennelle à la Maison-Blanche dès son retour d’une tournée en Asie.«Quand, pour l’amour de Dieu, allons-nous affronter le lobby des armes?», a lancé Biden, se disant «écœuré et fatigué» face à la litanie des  fusillades en milieu scolaire.
«Trop, c’est trop», s’est emportée de son côté la vice-présidente, Kamala Harris, appelant à «agir» face aux violences par armes à feu, un fléau national. «Nos cœurs continuent d’être brisés», a-t-elle déclaré. «Nous devons trouver le courage d’agir», a-t-elle ajouté à l’adresse du Congrès, impuissant à légiférer malgré les tragédies.
 Chris Murphy, sénateur démocrate de cet État du nord-est des États-Unis, a «supplié» ses collègues élus d’agir, assurant que ces tragédies n’étaient pas «inévitables».  «Cela n’arrive que dans ce pays, et nulle part ailleurs. Dans aucun autre pays, les enfants vont à l’école en pensant qu’ils pourraient se faire tirer  dessus».
 La cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, a dénoncé un acte  «monstrueux qui a volé l’avenir de chers enfants». «Il n’existe pas de mots  pouvant décrire la douleur et l’indignation face au massacre de sang froid de petits écoliers et d’un enseignant», a-t-elle écrit dans un communiqué.
Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit «profondément choqué et attristé par la fusillade de masse  odieuse». Le pape François a également déclaré, ce mercredi,  avoir le «cœur brisé» par ce  drame. «Il est temps de dire +ça suffit+ au trafic incontrôlé des armes», a-t-il aussi lancé.