Récital de Lila Boursali au TNA : La maure andalouse

La célèbre interprète de musique andalouse a présenté de nouveau le spectacle intitulé «Law hkawliala l’kasba» samedi soir, au Théâtre national d’Alger Mahieddine-Bachtarzi.

La salle était pleine, un grand public attendait avec impatience la diva de chanson andalouse, certains se sont plaints du retard qui a duré une heure. Lila Boursali s’en est excusée. Vêtue d’un magnifique badroune en velours noir, avec paillettes dorées, qui lui allait comme un gant, Lila a été chaleureusement accueillie par son public, accompagnée de la cantatrice Lala Aawawech Ben Said et un orchestre composé de trois violonistes, une guitariste, deux drabkia, un flutiste et un claviériste.
Plusieurs thématiques dédiées à la fraternité, la simplicité, le respect, mais aussi l’amour de la patrie, composent le récital, dans lequel chaque partie est introduite par un istikhbar et la narration d’une courte histoire sur les légendes de La Casbah d’Alger, leur vie sociale, la célébration des mariages, leurs traditions (boukalet, el fel…) qui transmettent des valeurs ancestrales. Dans un répertoire de varié de noubate aux textes millénaires du patrimoine musical, avec sa fraîche et douce voix, Lila a ouvert le bal avec deux mémorables morceaux : «Bahdja bidamarhoul et aadrouniyasaadat», du grand Dahmane El Harrachi et la compositrice Sultana Daoud, alias Reinette l’Oranaise. A la recherche de rythmes plus denses, l’animatrice du concert s’attelle à interpréter des titres radio captivants. Très vite, nous sommes à l’époque Hadj El ghafour avec sa chanson inédite «Frit wech ma y’seberni» puis «Djetcht’a w djetlar’yeh» d’El Hadj HachemiGueroubi, qui ne laisse pas le public indifférent. En effet,même les plus âgés  ont rejoint la piste de danse, encouragés par des youyous. Lila a clôturé en beauté son spectacle avec des titres plus paisibles, à savoir «Rebiyeltefbik ya dzair», «Bkawaâlakhir» ou encore «Ahlen wasahlen bimanzarana».
 A la fin de la représentation musicale, nous nous somme approchés de deux jeunes spectatrices pour avoir leurs impressions. D’ailleurs, l’énergie dégagée lors du show. «J’ai passé une très belle soirée, j’adore ce qu’elle fait, mais je déplore la rareté de ses spectacles», nous dira une jeune fille en marge du spectacle. Dans sa loge, Lila Boursali nous fait part de ses projets, notamment son souhait de se produire dans la ville espagnole de Grenade. La chanteuse perçoit l’art andalou comme une fusion entre le théâtre et le chant.
Nabiha cheurfi