Gâteaux orientaux : A la conquête du cœur des Algériens

Comme chaque mois de jeûne, la pâtisserie orientale ne déserte pas les soirées ramadhanesques. Les retrouvailles autour d’une tasse de thé, entre familles et amis, sont toujours accompagnées par l’incontournable kelbelouz et autres zlabia.

Ces friandises spécial Ramadhan connaissent depuis quelques années une grande concurrence. De nouvelles pâtisseries en provenance de Turquie et de Syrie ont en effet envahi le marché algérien. A base de pistache, d’amande ou de noix, ces gourmandises ont détrôné les gâteaux traditionnels.
Le palet gustatif des Algériens a été conquis par ces nouvelles friandises. Ils en raffolent, même si leur prix est devenu excessivement cher, depuis les deux dernières années, en raison de la hausse des prix des matières premières. Certaines pâtisseries sont même devenues un luxe. Leur prix frôle ou dépasse les 300 DA la pièce. Cela n’a pas, pour autant, découragé les jeûneurs, mais n’a fait que freiner la cadence de la consommation. Sur le marché, un grand choix s’offre à la clientèle. Un assortiment de gâteaux orientaux, à l’instar de la délicieuse kounaffa, chamia, baklawachamia, ouchel boulboul, balahecham….Cette nouvelle tendance est la conséquence de l’installation d’un nombre de Syriens, fuyant la guerre, en Algérie. Ils ont, ainsi, fait de ces friandises leur commerce. Un commerce fructueux, au vu du nombre de magasins qui pullulent partout dans la capitale, et dans les grandes wilayas du pays. A base d’amande, pistache, dattes, noix de coco, eau de rose ou de fleur d’oranger. «Toutes les saveurs orientales se dégustent sans retenue», s’exprime Yazan, propriétaire d’un magasin de gâteaux orientaux sis à Draria.
S’enorgueuillant de son savoir-faire, il avance: «Nos recettes de desserts sont délicieuses. Tout le monde en raffole.» Dans le commerce, situé dans la grande avenue de la commune, une trentaine de choix de gâteaux, bien décorés, est proposée. Bien que les prix aient nettement augmenté, «les ventes ne reculent pas», affirme le Syrien, établi en Algérie depuis 2013. «Le stock de pâtisserie s’écoule très vite, au point où je suis obligée de faire appel à des travailleuses saisonnières», affirme-t-il. Et d’jouter: «La production augmente de 50%. Le Ramadhan représente la moitié de mon chiffre d’affaire annuel.»
Par ailleurs, les sucreries provenant de la cuisine turque ne sont pas en reste. Les magasins spécial friandises turques enregistrent un afflux non négligeable durant ce mois. «Les consommateurs locaux apprécient les spécialités turques, dont certaines ressemblent à nos recettes traditionnelles», note Dalila, une cliente rencontrée chez un pâtissier à Baba Hassen. Les plus célèbres sucreries turques restent les fameux baklavas et les loukoums, le künefe…Comme pour beaucoup de plats, on retrouve la plupart des desserts turcs en Algérie, comme dans d’autres pays de la région , à l’instar de la Grèce, du Liban, et de la Syrie, du fait d’un passé byzantin et ottoman commun. Les desserts turcs mettent l’eau à la bouche. Seulement, il est recommandé d’en consommer avec modération.
Samira Azzegag