Gâteaux traditionnels : Les pâtissiers donnent libre cours à leur création

Les gâteaux traditionnels accompagnent les moments joyeux et festifs des Algériens. En ces longues soirées de Ramadhan, une tasse de thé accompagnée d’un gâteau sont les bienvenus. Pour en savoir plus sur les préférences des consommateurs et les prix, un tour dans des pâtisseries s’impose.

Dans la ville de Boumerdès, les pâtissiers donnent libre cours à leur création. Des boulangeries-pâtisseries sont joliment décorées à l’occasion du mois sacré. Abdelouahab, propriétaire et  gérant de la pâtisserie-viennoiserie Akila, au centre-ville, fait savoir qu’«il aurait fallu préparer le mois de Ramadhan en mobilisant le personnel et en faisant un stock de produits et d’ingrédients. Nous n’avons pas souffert de l’augmentation des prix des matières premières, ce qui n’a pas d’impact sur les prix de vente de nos pâtisseries et gâteaux traditionnels très prisés par les consommateurs», estime-t-il.
Présentés dans des plateaux en inox et couverts de film alimentaire, les clients ne peuvent qu’admirer ce travail d’orfèvre. «L’essentiel pour nous, c’est l’hygiène et la sécurité des consommateurs. Nous utilisons des produits frais et de qualité. Nous préparons des pâtisseries occidentales, des gâteaux orientaux et différents pains. Le client quand il franchit notre porte, ressort toujours avec une petite boîte de délicieux gâteaux. Et nous comptons sur son retour», confie-t-il en affichant un grand sourire de satisfaction. Une cliente hésitante entre tartelettes aux fruits et makrout, demande conseil au vendeur qui attend sa commande. «Je propose de faire un mélange et toute la famille sera contente», suggère-t-il.
S’adressant à la dame, elle fait remarquer que le mois sacré cette année coïncide avec «la folie des prix». «Les prix des gâteaux à l’instar de ceux des autres denrées alimentaires et produits agricoles n’arrêtent pas d’augmenter. Les citoyens ne savent plus où donner de la tête. Nous avons presque épuisé nos économies. Nous dépensons la majorité de nos revenus pour la nourriture», se plaint-elle.
Bidioui, une autre pâtisserie qui a la coté. Depuis des années, elle est la destination des consommateurs en quête de gâteaux traditionnels. Faisant l’angle de la route qui mène vers la plage, le magasin est connu pour ses produits du terroir. «Ce sont de vrais professionnels. Les pâtissiers mettent du cœur à l’ouvrage dans la préparation des gâteaux de notre enfance. Moins de sucre, moins de gras, ils sont bons et nous ne risquons pas le diabète», se réjouit Rabah, fervent client des produits Bidioui. Concernant les prix, il s’insurge contre les commerçants qui ne ratent aucune occasion pour les doubler, voire les tripler. «Ici, nous pouvons acheter sans nous ruiner. Un jour sur deux, je viens acheter une boîte de gâteaux et de la galette. Je laisse environ 300 DA. Ce n’est pas une fortune», fait-il observer.
De son côté, le propriétaire affirme que «-nous n’avons aucun contrôle sur les prix». « Lanon-disponibilité de certains ingrédients met en difficulté notre activité. Toutefois, nous essayons de ne pas revoir nos prix. Tous les gâteaux sont à 50 DA et le pain et la galette à 30 DA. Je suppose que c’est raisonnable», lance-t-il. Malgré la flambée des prix des produits alimentaires sur les marchés national et international, les Algériens tiennent à leur thé et leurs gâteaux post-ftour.
Karima Dehiles