Gendarmerie nationale : Sur les routes de Bouira, on veille au grain

Un iftar unique. En cette journée de jeudi 21 avril, il pleuvait et ventait à Bouira. Difficile de tenir debout pendant des heures à contrôler les automobilistes. Mais les éléments de la Gendarmerie nationale sont habitués à ce genre d’opération. «Cela fait partie de nos missions», lance un gendarme.
Il est 18h, soit une heure et demie avant la rupture du jeûne. Les éléments du groupement de la Gendarmerie nationale de Bouira veillent au bon déroulement de la campagne de sensibilisation sur les accidents de la route. Au groupement de la Gendarmerie nationale, des officiers font le briefing, et chaque élément reçoit des instructions fermes. Les motards en tête, plusieurs véhicules de marque Skoda  quittent l’enceinte du groupement pour se diriger sur le lieu du barrage. Le lieu arrêté pour cette opération n’est autre que le barrage d’Oued Hous, sur la RN5. A peine le barrage installé, un bus est arrêté. Après les vérifications d’usage, un gendarme sensibilise le chauffeur et son accompagnateur sur les accidents de la route. Après présentation des documents, le conducteur reprend la route.
Une longue file d’automobiles s’est constituée en raison des chutes de pluie. «C’est toujours comme ça, dès qu’il y a de la pluie, il y a de la circulation au niveau du barrage», regrette un automobiliste venu de Baraki rompre le jeûne chez sa belle-famille. Il a été approché par un gendarme pour le sensibiliser sur les dangers de l’excès de vitesse, notamment en temps de pluie. Un autre automobiliste salue l’abnégation et surtout le professionnalisme et la rigueur des éléments de la Gendarmerie nationale qui accompagnent les citoyens dans différentes circonstances. «Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, les éléments de la Gendarmerie nationale sont toujours disponibles et présents. Cela nous rassure.» Tayeb, un motard, a également contribué à cette opération de sensibilisation. Il a pris des informations et des photos de notre participation qu’il a publiées sur le site «Tariki».
Visiblement, c’est une machine huilée. Tout les éléments sont en poste jusqu’au dernier moment avant l’iftar. C’est avec un discours clair et précis que les éléments de la Gendarmerie nationale procèdent pour  responsabiliser les usagers et se montrer respectueux de la réglementation routière. Au-delà de l’aspect préventif et répressif, se cache une réelle volonté d’améliorer la sécurité routière afin de diminuer le nombre d’accidents de la route, observe une conductrice qui se dit «satisfaite» des opérations menées par la Gendarmerie nationale. Elle indique  laisser souvent des commentaires sur la page facebook de ce corps de sécurité. Grâce à la campagne de sensibilisation, il y a moins d’accidents de la route par rapport aux autres mois de l’année, indique la dame en question. Appuyant ses dires, un gendarme dira : «Nous enregistrons une baisse d’accidents de la route en ce mois sacré de Ramadan.» Un autre automobiliste, qui venait de s’arrêter pour rompre le jeûne vu qu’il habite à Constantine, estime que l’action menée par les gendarmes est louable surtout, dit-il, que les automobilistes roulent à vive allure à l’approche de l’heure de l’iftar.
L’équipe mobilisée pour cette opération apporte des éclaircissements pour une meilleure compréhension de sa mission auprès des automobilistes. «Nous ne sommes pas là pour limiter les libertés individuelles ou restreindre la vie sociale, mais pour sensibiliser les citoyens sur les dangers de la route. A travers cette opération, notre objectif est d’abord humain, nous invitons l’automobiliste à s’arrêter pour rompre le jeûne et reprendre sereinement la route.»
Dans ce genre de mission et dans toutes ses actions, le gendarme fait prévaloir le dialogue et la persuasion, véhiculant une belle image de l’institution. Miloud Bedrani, adjudant chef et chef de première section au groupement de la Gendarmerie nationale de Bouira, a rappelé les conséquences de l’excès de vitesse. Il est 19h 27, lorsque Al Adhan retentit depuis le minaret d’une mosquée non loin de la RN5. Les  hommes en vert rompent le jeûne avec des dattes et du lait au restaurant du Abir Sabil. Après avoir accompli la prière d’El Maghreb, ils reprennent leur travail de sensibilisation. Cette opération a eu un large succès auprès des citoyens qui ont apprécié le  sacrifice des gendarmes pour le bien-être du citoyen. Une heure après avoir rompu le jeûne, les gendarmes, qui ne semblaient pas éreintés,  ont regagné le groupement de la Gendarmerie nationale de Bouira. Dans le restaurant l’intérieur du groupement, plusieurs tables sont dressées, garnies de pain, chorba, plat de résistance, bourek, salade variée et dessert. Il est 21h, les gendarmes reprennent leur travail, remontant dans leurs véhicules. «Nous combattons le crime organisé, assurons la sécurité des citoyens et sensibilisons les automobilistes sur les dangers de la route, notamment en cette période de Ramadhan. Ce sont là quelques actions de notre plan en plus d’assurer les patrouilles nocturnes à travers le réseau routier de la wilaya de Bouira», précise un officier de retour sur les lieux du barrage installé. Même si le jeûne est rompu, certains automobilistes continuent de rouler trop vite. C’est dans ce sillage que les hommes en vert veillent à avoir une visibilité complète sur l’ensemble des barrages dressés. Le barrage sera érigé plus loin. Entre temps, l’officier reçoit un message sur son talkie-walkie. Il s’agit d’une panne signalée sur la route menant à Lakhdaria.  Gyrophares allumés, nos hommes en verts se rendent au lieu indiqué. Sur place, la camionnette est mobilisée. Le conducteur, un sexagénaire présente ses papiers et les gendarmes procèdent à la fouille du véhicule. Rien à signaler, selon les officiers. À ce moment, ils appellent une dépanneuse pour remorquer la camionnette. Ce conducteur a aussi bénéficié de quelques conseils donnés par ces gendarmes. Il est 23h, fin de mission pour cette équipe, tandis que d’autres gendarmes reprennent la relève pour assurer la sécurité des citoyens.
De notre envoyée spéciale à Bouira : Samira Sidhoum