Générale de «Ki Yghib Edhamir Ya Rray» de l’association Hamza : Des artistes de Bouira brillent au TNA

Bien que la salle Mahieddine Bachtarzi (TNA) à Alger n’était que clairsemée ce lundi soir, les comédiens de l’association Hamza qui ont présenté la générale de la pièce Ki Yghib Edhami Ya Rray ont bien mérité les applaudissements du public.

Au moment où le chef de l’Etat palestinien était invité par son homologue algérien pour un diner au palais du peuple ce lundi soir, les comédiens de l’association Hamza du comité des fêtes de Bouira expliquaient sur la scène du TNA la source des problèmes de la Palestine. S’appuyant sur un sujet important et un beau texte de Boualem Azizi, le metteur en scène Abderrahmane Houche dit Ammi Salah a réussi à mettre en lumière la source du problème de décolonisation de la Palestine qui tarde à se concrétiser à cause la faiblesse de certains dirigeants notamment les monarques des pays arabes. Bien qu’on sente le manque de moyens de cette troupe, on a retrouvé le professionnalisme aussi bien dans le jeu des comédiens qu’au niveau de la mise en scène et de la scénographie. Entouré de ses adjoints El Wazir (le ministre) et le chargé de communication ( El Berrah), l’Emir est informé que son pays est en faillite. Il découvre que la corruption, les détournements et le vol sont monnaie courante dans le pays qu’il croit diriger d’une main de maitre. Alors que la journée est consacrée au jugement des voleurs, l’envoyée de l’Etat sioniste arrive au moment opportun pour proposer l’aide de son pays à l’Emir en insistant sur le lien entre les cousins arabes et juifs. D’un coté, le vizir, attiré par la beauté de la femme, tente de convaincre l’Emir d’accepter l’aide des «  cousins » juifs  alors que de l’autre, le meddah lui explique que ce sont eux qui sont derrière cette faillite. L’Emir ruiné par les dettes n’arrive pas à se décider devant cette belle femme juive qui se dit cousine et les explications de ses adjoints.
La jeune troupe, à travers un dialogue bien ficelé et l’humour a réussi à faire le tour des problèmes qui gangrènent certains pays arabes affaiblis par la corruption et détecter les motifs ayant mené à la colonisation de la Palestine et qui la laisse à ce jour sous la domination Israélienne. Tout au long de la pièce, les comédiens ont réussi à imposer le silence dans un décor simple composé seulement du trône de l’Emir et de quelques sièges. Comptant sur un texte fort appuyé sur l’humour, le metteur en scène a bien fait de choisir la simplicité aussi bien dans le décor et l’habillement que dans les déplacements des comédiens qui ont montré leurs qualités artistiques. Bien que parfois, il y a eu quelques faiblesses dans la portée de la voix des quelques comédiens dues au manque d’expérience notamment dans une salle telle que le TNA, les artistes de l’association Hamza du comité des fêtes de Bouira ont montré leurs dons de comédiens. Tout au long du spectacle, on a senti l’équilibre dans les décors, la musique de fond, les lumières et le jeu de tous les comédiens. La troupe qui a de beaux jours devant et pourra créer des surprises lors des festivals.
Bari Stambouli